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ARTE Journal - 27/10/11

UE : vers la "Chineurope" ?

On connaissait la "Chinafrique".... Se dirige-t-on vers la "Chineurope" ? La décision de la zone euro de faire appel à des pays émergents comme la Chine pour l'aider à résoudre la crise de la dette suscite des critiques. De nombreux responsables politiques s'interrogent sur les contreparties à attendre de la part de Pékin et beaucoup y voient une occasion en or pour la Chine d'accroître son influence non seulement économique mais aussi politique en Europe.

Pékin n'a jusqu'à présent pas confirmé être prêt, aux côtés d'autres pays émergents, à abonder le fonds de secours européen pour les pays en difficulté mais des signaux ont été lancés. En saluant les résultats de la réunion de Bruxelles, la Chine a déclaré "soutenir les mesures actives de l'Europe pour répondre àla crise financière". "Nous devrions explorer les moyens de renforcer la coopération bilatérale sur la base d'un bénéfice réciproque", a précisé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

L'ombre chinoise

La Chine, deuxième économie mondiale, ne cache pas son intérêt à la stabilité et à la prospérité de l'UE, "première économie mondiale", selon ce porte-parole. Le groupe des 27 pays européens représente son premier partenaire commercial ainsi que le premier débouché pour ses exportations. De plus, Pékin chercherait à diversifier ses énormes réserves de change, évaluées à 3.200 milliards de dollars, jusqu'à présent essentiellement libellées en dollars.

A-t-on ouvert la boîte de Pandore ?

Les premières critiques, venues essentiellement de la gauche française, se sont focalisées sur les risques, financiers mais aussi symboliques, de cette main tendue à des pays non-européens. Il y a encore quelques mois, les offres de Pékin pour aider la Grèce ou le Portugal avaient en effet provoqué des froncements de sourcils. "Peut-on imaginer que si la Chine, par ce biais, venait au secours de la zone euro, elle le ferait sans aucune contrepartie?", a interrogé le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande. Pour l'eurodéputé député écologiste Daniel Cohn-Bendit, "on a choisi de se livrer pieds et poings liés aux pays émergents". Le député PS Henri Emmanuelli va encore plus loin estimant que l'accord intervenu dans la nuit pour sauver la zone euro "restera comme la date d'un véritable Munich financier" en référence aux accords de septembre 1938 qui avaient eu pour conséquence le démembrement de la Tchécoslovaquie, au bénéfice d'Adolf Hitler.

Pékin, partenaire indispensable

L'apport de Pékin ne serait pas sans précédent puisque les Chinois détiennent déjà plus de 500 milliards de dollars de dette souveraine européenne, selon des experts français et allemands. L'aide de la Chine et les autres pays du groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde et Afrique du Sud) pourrait être discutée au sommet du G20, qui aura lieu la semaine prochaine à Cannes.

D. Wanner, ARTE Journal (avec AFP)

Edité le : 27-10-11
Dernière mise à jour le : 27-10-11