Taille du texte: + -
Accueil > Monde > Vivre en positif

Vivre en positif

Un film placé sous le signe de la prévention et de l’espoir, avec les témoignages de séropositifs, de militants associatifs et de professionnels de la santé.

> Interview d'Alain Maneval

Vivre en positif

Un film placé sous le signe de la prévention et de l’espoir, avec les témoignages de séropositifs, de militants associatifs et de professionnels de la santé.

Vivre en positif

Samedi 2 avril à partir de 12h 30 - 30/03/11

Faites-vous dépister !

Ancien directeur des programmes d’ARTE, Maneval est à l'origine de la soirée dédiée à la lutte contre le sida en novembre dernier.

Pourquoi avoir voulu cette «Thema» ?

Alain Maneval : Parce que je suis investi dans la lutte contre le sida depuis longtemps, qu’il reste beaucoup à faire, et que je trouvais que les chaînes publiques n’abordaient plus, ou alors brièvement, ce sujet. À travers cette soirée, je veux faire passer deux messages. Un : «Faites-vous dépister !». Trop de gens* sont porteurs du virus et l’ignorent. Dans une société aussi bien informée que la nôtre, c’est nul ! Deux : «Protégez-vous, utilisez le préservatif !» C’est basique mais il faut le marteler parce qu’aujourd’hui les gens
se «lâchent». J’aimerais aussi que cette soirée incite les téléspectateurs à se montrer plus tolérants, plus attentifs vis-à-vis des personnes séropositives. Le dernier Sidaction a fait un flop, c’est catastrophique.


Que signifie être séropositif aujourd’hui ?

A.M : Même si les traitements actuels permettent à une majorité de gens de rester en bonne santé, on meurt encore du sida en France. Par ailleurs, cette maladie bouleverse la vie. Dans le premier documentaire de la soirée, vous voyez un jeune homo séropo, parfaitement accepté par sa famille. C’est exceptionnel. Souvent, les gens sont rejetés par leurs proches et perdent leur emploi. Les bénévoles de l’association «Les petits bonheurs» que je parraine, passent leur temps à trouver des logements, des places de spectacles, à rendre visite à des personnes qui n’imaginaient pas se retrouver dans une telle solitude. Cela reste une maladie «invisible», qui isole d’autant plus.


Pourquoi avoir consacré le second documentaire à l’Inde ?

A.M : Parce que dans ce pays très peuplé, l’épidémie peut s’étendre de façon exponentielle. L’Inde est aussi emblématique des inégalités entre le Nord et le Sud. Quand vous voyez les images tournées à l’hôpital Georges Pompidou, à Paris, le contraste avec celui de Bombay est violent. Le travail des médecins est remarquable mais ils manquent de lits, de médicaments… Nous sommes aussi allés filmer un laboratoire indien qui fabrique des médicaments génériques. Je voulais qu’on prenne conscience d’un scandale : l’industrie pharmaceutique gagne des millions sur le dos des personnes séropositives et ne veut pas céder les brevets de ses médicaments. Ces pilules génériques constituent une grande avancée pour les pays pauvres. Ma crainte c’est que l’OMS restreigne leur diffusion.


Edité le : 23-11-10
Dernière mise à jour le : 30-03-11