Des histoires ponctuées de propagande d'État, de magasins vides, de Pérestroïka, de course à la lune et de souvenirs personnels comme l'explique la jeune dessinatrice Varvara Pomidor : "Le plus important, c'est le souvenir personnel. Cette image montre ce paradoxe, entre l'histoire officielle et la vision qu'en ont les enfants, qui la jugent futile. J'étais au jardin d'enfant, il y avait une fille plus âgée qui pleurait, parce qu'un dirigeant de l'Union soviétique venait de mourir. Moi, ça m'était tout à fait égal. Pour ces jeunes, faire de la bande dessinée ne peut être qu'un loisir. Ils sont obligés d'éditer à compte d'auteur, ou dans des magazines alternatifs. Seuls des galeries et des musées s'intéressent à leurs œuvres en Russie. Pas le grand public". Dmitri Yakolev, éditeur de bandes dessinées, confirme : "La majorité des gens en Russie ne considère pas la bande dessinée comme un genre artistique. Elle pense que c'est un domaine réservé aux enfants et aux débiles. Mais depuis cinq ans environ, je sens les choses changer. Grâce notamment au festival de BD Boomfest, que nous avons lancé à Saint Pétersbourg. C'est à notre génération de rendre crédible et légitime la bande dessinée en Russie, pour que de jeunes auteurs russes se lancent et que le monde nous découvre." Première étape : Angoulême. Ils viennent y exposer leur rêve de voir émerger de grandes maisons d'éditions en Russie. Pour laisser une trace dans le monde de la bande dessinée.
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