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ARTE Journal - 28 janvier 2010 - 28/01/10

Angoulême : l'ostalgie version russe

Jusqu'à dimanche un monde de bulles s'ouvre à Angoulême, avec comme toujours une vocation internationale et une pléiade de talents venus du monde entier. Pour la première fois, cette année, huit jeunes auteurs originaires de Saint-Pétersbourg et Moscou sont présents dans le cadre de l'exposition collective "Né(e) en U.R.S.S." Dans leurs œuvres, Varvara Pomidor, Alexeï Nikitin et Dmitri Yakolev racontent leur enfance dans les années 1980 et leur vision du nouveau monde globalisé. Cet événement est proposé dans le cadre de l'année de la Russie en France. L'occasion aussi pour cette avant-garde de la bande dessinée russe de faire valoir un art qui n'est toujours pas considéré en Russie. Un reportage de Cécile Magne et Alexandre Favitsky, envoyés spéciaux d'ARTE Journal au Festival de la BD d'Angoulême.

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Présents pour la première fois à Angoulême :les visages de la jeune BD russe. Des auteurs-dessinateurs qui ont grandi dans les années 80. Durant l'ère soviétique, la bande dessinée n'existait pas. Alexeï Nikitin explique comment il s'est mis au dessin : "Quand j'avais dix ans on a commencé à recevoir des chewing-gum qui venaient des États-unis. Leurs emballages surtout me plaisaient. A cause de leurs couleurs et de leurs dessins. Par eux, j'ai découvert la bande dessinée et j'ai eu envie d'en faire. J'ai repris ce thème des chewing-gum, avec les personnages actuels, passés et futurs de mes propres histoires."

Des histoires ponctuées de propagande d'État, de magasins vides, de Pérestroïka, de course à la lune et de souvenirs personnels comme l'explique la jeune dessinatrice Varvara Pomidor : "Le plus important, c'est le souvenir personnel. Cette image montre ce paradoxe, entre l'histoire officielle et la vision qu'en ont les enfants, qui la jugent futile. J'étais au jardin d'enfant, il y avait une fille plus âgée qui pleurait, parce qu'un dirigeant de l'Union soviétique venait de mourir. Moi, ça m'était tout à fait égal. Pour ces jeunes, faire de la bande dessinée ne peut être qu'un loisir. Ils sont obligés d'éditer à compte d'auteur, ou dans des magazines alternatifs. Seuls des galeries et des musées s'intéressent à leurs œuvres en Russie. Pas le grand public". Dmitri Yakolev, éditeur de bandes dessinées, confirme : "La majorité des gens en Russie ne considère pas la bande dessinée comme un genre artistique. Elle pense que c'est un domaine réservé aux enfants et aux débiles. Mais depuis cinq ans environ, je sens les choses changer. Grâce notamment au festival de BD Boomfest, que nous avons lancé à Saint Pétersbourg. C'est à notre génération de rendre crédible et légitime la bande dessinée en Russie, pour que de jeunes auteurs russes se lancent et que le monde nous découvre." Première étape : Angoulême. Ils viennent y exposer leur rêve de voir émerger de grandes maisons d'éditions en Russie. Pour laisser une trace dans le monde de la bande dessinée.


Le reportage

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Edité le : 27-01-10
Dernière mise à jour le : 28-01-10


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