Tant mieux – nous dit Geraint Anderson. Pendant douze ans, l’analyste financier a participé au grand poker monétaire. Mais il y a trois ans, écoeuré par l’arrogance du milieu, il a déballé : dans sa chronique « Cityboy » qu’il publiait à titre anonyme, il dévoilait les frasques du beau monde de la City : abus de drogues et débauche sexuelle, deals internes et reports illégaux de capitaux vers les paradis fiscaux.
Sa dernière prime, avant qu'il ne claque la porte, s'élève à 500 000 livres. Une compensation courante pour des horaires de travail inhumains et la pression permanente de devoir toujours réaliser plus de profit. Beaucoup ont eu leur part de gâteau dans la City : les courtiers, les investisseurs et aussi les politiques, car la City dégage à elle seule 14% du PIB de l’Angleterre. Pendant douze ans, Geraint était lui aussi accroc aux grands flux financiers.
Et pourtant, il a décroché et pour de bon. Quelques mois après avoir tourné le dos au monde de la finance, Geraint publie le roman « Cityboy » : l’histoire de l’analyste Steve Jones, qui entretient la bonne humeur de ses investisseurs à coups de drogues et de soirées. Dans la foulée, l’ex-analyste fournit la musique et la vidéo en annexe de son roman.
Le livre s’est retrouvé en troisième position des meilleures ventes et les médias s’en sont emparé. La presse britannique a beau critiquer son revirement, Geraint n’en est pas moins résolu. A 36 ans, il fait toujours ce qu’il veut et renoue lentement mais sûrement avec son idéalisme d’antan. Il veut se repentir pendant 12 ans. Avec un matelas de 2,5 millions de livres et une maison dans l’ouest de Londres, il a de quoi rester serein, et a décidé de devenir redresseur de torts : il collecte des dons pour une école au Kenya et s’est attelé à la rédaction d’un livre sur la crise financière - Cityboy: 50 Ways to Survive the Crunch - illustré par la graphiste Sophie Lodge.






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