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Cinéma sur ARTE - 31/07/12

Citizen Kane

Film d’Orson Welles (États-Unis, 1941, 1h55mn, noir et blanc)
Scénario et dialogues : Orson Welles et Herman J. Mankiewicz
Avec : Orson Welles (Charles Foster Kane), Joseph Cotten (Jedediah Leland), Everett Sloane (Bernstein), Dorothy Comingore (Susan Alexander Kane), Ray Collins (James W. Gettys), William Alland (Jerry Thompson), Agnes Moorehead (Mary Kane)
Image : Gregg Toland, Montage : Robert Wise, Musique : Bernard Herrmann, Production : Mercury Production, RKO Radio Pictures

À partir d'un mot, une équipe de reporters reconstitue le puzzle de la vie de Charles Foster Kane, magnat de la presse américaine. Orson Welles réalise son premier film. Un coup de maître qui a marqué à jamais l'histoire du cinéma.


Charles Foster Kane est mort. Dans Xanadu, le gigantesque palais qu'il a fait édifier sur la côte californienne, il s'est éteint seul, en prononçant un mot mystérieux : "rosebud". Une équipe des actualités cinématographiques visionne sa nécrologie : soixante-dix ans d'une carrière brillante à la tête d'un empire de presse. Soixante-dix ans de l'histoire des États-Unis, avec laquelle la vie de Kane se confond. Une destinée contradictoire, mystérieuse, qu'un rédacteur en chef veut élucider en partant des dernières paroles du magnat : que signifie "rosebud" ? Il charge son équipe de reporters d'élucider l'énigme...

Orson Welles a-t-il prononcé "rosebud" dans son dernier souffle, le matin du 10 octobre 1985 ? Toujours est-il qu'il est mort au même âge que son héros, à 70 ans, et que les similitudes entre le wonder boy américain et le fictif citoyen Kane ne s'arrêtent pas là. Beaucoup ont vu dans Citizen Kane une somme dans laquelle Orson Welles aurait voulu intégrer toutes les facettes de sa personnalité. Comme Charles Foster Kane, il a eu une enfance heureuse, qui marquera sa mémoire du sceau de la nostalgie, tout au long de son oeuvre et de sa vie. Comme son héros, il est un produit typique du rêve américain. Mieux, il en est le paroxysme : à 25 ans, il est un dramaturge reconnu, célèbre et novateur, il a touché à la peinture, à la musique, il a été journaliste, c'est une gloire des médias depuis sa célébrissime interprétation de La guerre des mondes à la radio, et il a réalisé un des douze meilleurs films de l'histoire du cinéma (selon un classement de 1959). Boulimique, mégalomane, provocateur, irritant, dérangeant, émouvant, la liste des superlatifs est longue. Mais le plus touchant est que cette liste peut sans problème s'appliquer à son chef-d'oeuvre : Citizen Kane est une bible. La bible du septième art, un panorama de tout ce que le cinéma peut apporter de créatif. Orson Welles n'a rien inventé dans son premier film, contrairement à une rumeur persistante. Mais il a tout redécouvert, et son grand mérite est d'avoir su assembler l'ensemble des techniques cinématographiques pour en faire une oeuvre forte et cohérente, une sorte de feu d'artifice qui laisse pantois. Le flash-back existait avant Citizen Kane. Orson Welles est le premier à s'en servir systématiquement pour en faire la structure de son récit. Les plans séquences, les fondus enchaînés, les longs travellings, les différentes focales, les plongées-contre-plongées, tout cela a déjà été inventé, mais jamais utilisé aussi justement qu'ici. C'est en ce sens qu'Orson Welles est une figure marquante du cinéma : il a su accaparer un langage technique et le maîtriser à la perfection, pour le mettre au service d'une sensibilité artistique hors du commun.

Citizen Kane
jeudi, 23 août 2012 à 02:30
Pas de rediffusion
(Etats-Unis, 1941, 114mn)
ARD

Edité le : 31-07-12
Dernière mise à jour le : 31-07-12