En 1871, les soldats français partent au front, la bourgeoisie parisienne applaudit aux cris de “À Berlin !” et continue de vivre une vie joyeuse. Dans le grand magasin Nouvelle Babylone, c’est l’époque des soldes. La jeune vendeuse Louise est invitée au bal par son patron. Mais la fête tourne court car l’armée française est battue et les Prussiens marchent sur Paris. La bourgeoisie qui hier fêtait les soldats est prête aujourd’hui à capituler. Mais le peuple de Paris ne veut pas se rendre. Il investit l’Hôtel de Ville et organise avec enthousiasme un “gouvernement” de la Commune de Paris.
La première musique de film de Chostakovitch La Nouvelle Babylone fut réalisé en 1929 par la FEKS (Fabrique de l’acteur excentrique), la fameuse école de cinéma de Leningrad. Le collectif artistique créé autour des metteurs en scène Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg était “au temps du muet, le meilleur non seulement de Leningrad mais de toute la cinématographie soviétique, et exemplaire par son très haut professionnalisme”, affirme Nikolaï Lebedev dans ses Essais sur l’histoire du cinéma de l’URSS (1965). Les FEKS furent parmi les premiers à donner toute son importance à l’accompagnement musical des films. Dès 1928, ils s’attachent les talents de Dimitri Chostakovitch.
Le compositeur n’a que 23 ans lorsqu’il crée la musique de La Nouvelle Babylone. Une partition expérimentale, très exigeante pour l’orchestre et qui dérange les habitudes du public. Chostakovitch y donne libre cours à son humour et à son goût du grotesque. Il cite pêlemêle des danses (valse, cancan, galop…), des chants révolutionnaires français (“La carmagnole”, “Ça ira”) ainsi que “la Marseillaise”, qu’il superpose à un thème d’Offenbach pour créer un remarquable effet comique. À l’époque de La Nouvelle Babylone, les films n’étaient pas sonorisés.La musique qui les accompagnait était exécutée dansla fosse d’orchestre. C’est Chostakovitch lui-même qui, au pupitre, défendit sa partition, plan par plan, au vu des images sur l’écran. Dans la version diffusée ce soir par ARTE, la musique est interprétée par l’Orchestre symphonique de la SWR sous la direction de Frank Strobel.
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La Nouvelle Babylone
Film de Grigori Koznitsev et Leonid Trauberg
(URSS, 1929, 1h33mn, noir et blanc, muet)
Scénario : Grigori Koznitsev et Leonid
Trauberg, inspiré des romans de Zola Au bonheur des dames, La débâcle, Nanaet du texte de Karl Marx La Commune de Paris
Avec : Elena Kouzmina (la vendeuse Louise) Piotr Sobolievski (le soldat Jean), David Goutman (le patron du grand magasin), Sofia Magarill (l’actrice), Sergueï Guerassimov (le journaliste Loutro), S. Goussev (Poirier)
Image : Andreï N. Moskvine, Evgueni Mikhaïlov
Montage : Grigori Koznitsev et Leonid Trauberg
Décors : Evgueni Eneï
Production : Sovkino
ZDF
VERSION SONORISÉE (2006),
AVEC LA PARTICIPATION DE LA ZDF/ARTE
MUSIQUE ORIGINALE DE DIMITRI CHOSTAKOVITCH
(1929), INTERPRÉTÉE PAR L’ORCHESTRE
SYMPHONIQUE DE LA SWR,
SOUS LA DIRECTION DE FRANK STROBEL






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