(Italie, 2003, 1h50)
Avec Alice Teghil, Sergio Castellitto, Margherita Buy, Antonio Carnevale
Synopsis : Après de trop nombreuses années passées à constater l’échec de sa mission éducative dans un établissement secondaire de province, Giancarlo Lacovoni (Sergio Castellitto) est muté à Rome. Il y emmène sa petite famille, sa femme Agata (Margherita Buy), qu’il tance plus que de raison en lui reprochant son caractère effacé, et sa fille Caterina, douze ans, en qui il place beaucoup d’espoirs et qu’il a inscrite dans un collège réputé. Quand cette nouvelle vie ne sauve pas Giancarlo des frustrations accumulées, Caterina commence à se découvrir, à mesure qu’elle découvre le monde autour d’elle, et les profonds antagonismes qui le régissent. Critique : Dans ses meilleurs moments, le cinéma italien populaire possède encore cette capacité à aborder, avec un naturel qui ne confine pas au cynisme, les lieux communs les plus éculés pour parvenir à les nuancer avec ce même naturel. « Caterina va en ville », imaginé comme un récit d’apprentissage augmenté des impressions de la juvénile Caterina en voix-off, sur le mode d’un journal intime écrit au jour le jour, participe de cette tendance. En malmenant les stéréotypes de la société italienne pour capter l’air du temps avec tendresse et sans démonstration, Paolo Virzi s’attache à la figure de Giancarlo, pédagogue cyclothymique dissimulant mal un comportement inhibé et malheureux. Il n’oublie pas celle de sa femme Agata, qui s’avérera bien sûr moins transparente que le postulat de départ ne le laissait signifier, et celle de Caterina, dont la spontanéité et la malléabilité lui vaudront tour à tour la curiosité des rebelles de sa classe, aux cheveux violacés et aux propos alter-mondialistes, puis des bourgeoises aux vêtements hors de prix et aux relations influentes, lui permettant, entre joie et déceptions et dans la plus belle ville du monde, de commencer à se trouver.
Alternant variété italienne et virée en vespa, Paolo Virzi cherche à retrouver la finesse d’observation des chroniques populaires d’Ettore Scola ou Mario Monicelli, réalisées dans les années, soixante, tout en se positionnant du côté des actuels teenages movies américains réalisés à la chaîne. Mais en parvenant à briser le caractère unidimensionnel de bon nombre des personnages, il réussit aussi à traduire avec une finesse d’observation mêlée d’humour et de cruauté cet apprentissage de la ville par une jeune provinciale, dont on pensait qu’il allait demeurer bien plus en surface.
Julien Welter
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Caterina va en ville
De Paolo Virzi
(Italie, 2003, 1h50)
Avec Alice Teghil, Sergio Castellitto, Margherita Buy, Antonio Carnevale
Sortie du 24 novembre 2004
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