- Arsenic et vieilles dentelles
Deux vieilles dames, treize cadavres et un mariage. Cary Grant et Peter Lorre dans un classique de la comédie signé Frank Capra.>> Lire l'article sur le tournage d'« Arsenic et vieilles dentelles »
(Arsenic and old lace)
Film de Frank Capra
(États-Unis, 1944, 1h58mn, VF)
Scénario : Julius J. et Philip Epstein, d’après la pièce de Joseph Kesserling
Avec : Cary Grant (Mortimer Brewster), Priscilla Lane (Elaine), Raymond Massey (Jonathan), Peter Lorre (le Dr Einstein), Joséphine Hull (Abby), Jean Adair (Martha), Jack Carson (O’Hara), John Alexander ("Teddy Roosevelt" Brewster), James Gleason (le lieutenant Rooney), Edward Everett Horton (Mr Witherspoon)
Image : Sol Polito
Montage : Daniel Mandell
Musique : Max Steiner
Production : Frank Capra, Warner Bros
ARD
Deux délicieuses vieilles dames, les sœurs Brewster, empoisonnent par bonté d’âme de vieux messieurs seuls et tristes. Un neveu fou, qui se prend pour le président Roosevelt, les enterre dans la cave. Elles en sont à leur douzième victime quand un deuxième neveu, Mortimer Brewster (Cary Grant), découvre l’innocente activité de ses tantes chéries à l’occasion de son mariage. Après vingt ans d’absence, survient le frère de Mortimer, Jonathan (Raymond Massey), dangereux criminel flanqué d’un mystérieux docteur (Peter Lorre) et avec un cadavre sous le bras…
Comme un poison dans l’eau
Frank Capra réussit une adaptation hilarante de la pièce à succès de Joseph Kesserling. Cette véritable histoire de fous provoque des quiproquos en cascade. Capra joue avec virtuosité sur tous les regis-tres du comique, du plus brut au plus subtil. Les corps prennent part à ce déchaînement, de la démarche trottinante de tante Abby au neveu criminel qui imite Boris Karloff dans Frankenstein. Cary Grant, le seul individu à peu près sain de la famille Brewster, navigue aux frontières de la folie avec une hystérie grimaçante. Quand il arrête enfin de s’agiter, il s’assied sur l’escalier. La caméra reste sur lui, tandis que nous parvient le vacarme du combat épique que se livrent, hors champ, les policiers et Jonathan Brewster. Toute la cocasserie de la scène naît de ce contraste entre sa nonchalance désabusée et la folie ambiante. Jubilatoire !
- Indiscrétions
Une comédie américaine brillantissime servie par un quatuor amoureux : Katharine Hepburn, Cary Grant, James Stewart et Ruth Hussey.>> Lire l'article sur le tournage d'« Indiscrétions »,
(The Philadelphia story)
Film de George Cukor
(Etats-Unis, 1940, 1h52mn, noir et blanc, VOSTF)
Scénario : Donald Ogden Stewart, Waldo Salt, d’après la pièce de Philip Barry
Avec : Katharine Hepburn (Tracy Lord), Cary Grant (Dexter Haven), James Stewart (Macaulay Connor), Ruth Hussey, (Lizzy Umbrie), John Howard (George Kittredge), Roland Young (Oncle Willie),Virginia Weidler (Dinah Lord)
Montage : Frank Sullivan
Musique : Franz Waxman
Producteur : Joseph L. Manckiewicz
ARD
Oscar du meilleur acteur à James Stewart et du meilleur scénario, 1941
Tracy Lord, une jeune femme aussi belle que hautaine, est en passe de se marier pour la seconde fois. Son premier époux, Dexter Haven (Cary Grant), aidé de son ami, le journaliste de presse à scandale Macaulay Connor (James Stewart), tente par tous les moyens de faire échouer le mariage. Au risque, pour ce dernier, de tomber amoureux à son tour, au grand dam de Lizzy, sa spirituelle compagne. Mais face aux conjurés, l’arrogante Tracy perd peu à peu de son assurance.
Un sommet de la comédie américaine
Après son triomphe à Broadway, les dirigeants de la MGM rêvent d’adapter pour l’écran la pièce de Philip Barry. Mais ils hésitent à confier le rôle principal à Katharine Hepburn, réputée difficile. Cukor, pourtant, tient à l’actrice avec laquelle il a déjà tourné plusieurs fois, à son élégance et son phrasé inimitable. La MGM cède finalement, en apprenant que Hepburn détient les droits de la pièce. À ses côtés, George Cukor réunit deux superstars, James Stewart et Cary Grant, pour le seul et unique film qu’ils tourneront ensemble. Loin de se voler la vedette, ils composent des personnages aussi irrésistibles que complémentaires : le flegme vachard de Dexter Haven contraste merveilleusement avec l’énergie juvénile et tendre de "Mike" Connor. D’une étonnante modernité, Indiscrétions brille par son enchaînement subtil de séquences, alternant humour et mélancolie. George Cukor n’a d’ailleurs pas son pareil pour filmer de longues scènes de dialogues. Il leur insuffle une énergie particulière grâce à son sens du découpage et aux déplacements de ses acteurs. Un classique du genre que ne viendra jamais égaler son remake en forme de comédie musicale, Haute société, créé en 1956.






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