Archibald Alexander Leach est né à Bristol le 18 janvier 1904. Elevé principalement par son père, le jeune britannique vole très tôt de ses propres ailes en intégrant la troupe Pender. Les tournées le mèneront jusqu’à New York où il aura hâte de revenir. Ce sera chose faite en 1923 et après avoir tourné dans un essai, il signe un contrat avec la Paramount, ce qui n’est pas le cas de la comédienne à laquelle il était seulement sensé donner la réplique. L’acteur conserve son accent britannique qui contribuera à son succès mais change de nom sous la pression de la major company. Archie Leach devient Cary Grant et obtiendra la nationalité nord-américaine en 1942.Fidèle à la comédie
Dès 1932, il se voit attribuer des rôles importants sans passer par la case figuration. Il campe le rôle du jeune premier face à des actrices de renom telles Mae West, Marlene Dietrich ou Katherine Hepburn. Sa prestance séduit et dès lors il va parfaire ce rôle d’homme charmant et emprunté, de séducteur malgré lui dont on retrouve encore des échos dans « Charade » (1963). En 1937, les succès de « Cette sacrée vérité » et de « Couple Invisible » assoit sa notoriété. Apprécié de ses partenaires féminines à l’écran, Grant aura également la chance tout au long de sa carrière de tourner avec de grands réalisateurs. Ce qui explique en partie que malgré sa fidélité au genre de la comédie, il n’ait jamais lassé.
Parmi ces grands directeurs de plateau, il y a aura bien sûr le roi de la « screw-ball comedy », Howard Hawks qui lui proposera même un peu d’aventure dans « Seuls les anges ont des ailes »(1939). Sous la direction de George Cukor et en compagnie de Katherine Hepburn, Grant confirme son sens aigu de la comédie notamment dans « Indiscrétions » en 1941. Il faudra attendre cette année là et Hitchcock pour que son personnage soit utilisé dans un registre décalé. Cette collaboration avec le maître du suspense s’achèvera en apothéose avec « La mort aux trousses » en 1959. Alfred Hitchcock, rarement tendre avec les acteurs, ira même jusqu'à dire que Grant était le seul acteur qu'il ait vraiment aimé.
Vers d’autres horizons
Dès les années 40, Grant entame sa « reconquête intérieure » et souhaite se détourner de la comédie. Il se révèle moins convaincant dans les rôles purement dramatiques comme « Rien qu’un cœur solitaire » (1945). Davantage d’ambiguïté lui réussira dans « La chanson du passé » (1941) ou « Mister Lucky » (1943). Bien qu’en bons termes avec Charlton Heston, cet homme à la filmographie prolifique (72 films !) n’a jamais été surpris avec une Winchester à la main sur un plateau de tournage. Il a en effet traversé quatre décennies de cinéma américain sans tourner dans un seul western, genre dans lequel tous les monstres sacrés se sont pourtant un jour illustré. Il était dit que son nom resterait associé à la comédie et à l’orée des années 60, il s’y consacre à nouveau pleinement. Si « Opérations jupons » (1959) de Black Edwards ne renouvelle pas le jeu de l’acteur, ce film sera le plus rentable pour Cary Grant, lequel a pris soin de créer sa propre maison de production.
En 1966, il se retire des plateaux et se consacre, entre autres, à la parfumerie et à l’auto-hypnose. Quatre ans plus tard, il reçoit un Oscar honorifique des mains de Frank Sinatra à défaut d’en avoir glané un au temps de ses meilleures performances à l’écran. Cary Grant s’éteint le 29 novembre 1986 à Davenport dans l’Iowa.






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