Le train arrive en plein cœur de Berlin après avoir traversé des bois, des prairies, puis les faubourgs de la capitale allemande. Le jour se lève, les rues s'animent peu à peu. Le rythme du film est de plus en plus rapide, et la cité de plus en plus vivante. Après la pause de midi, l'activité règne de nouveau dans les rues, les bureaux, les usines. Le soir, les habitants se détendent tard dans la nuit, jusqu'à ce que le calme revienne enfin.
Extraits du film(Windows Media Vidéo, 3'29'')
Premières
Issue du mouvement artistique de la Nouvelle Objectivité, Berlin, symphonie d'une grande ville est sans doute la première "œuvre d'art totale" de l'histoire du cinéma. Réalisée en 1927 par Walter Ruttmann, d'après une idée de Carl Mayer, cette symphonie en cinq actes et 24 heures rend hommage à la métropole allemande des années 1920, alors en plein essor.
Walter Ruttmann voulait étendre sa longue expérience de réalisateur de courts métrages géométriques et abstraits (quelques-uns sont diffusés ce soir) à un "matériel vivant", afin de "créer une symphonie cinématographique à partir des millions d'énergies en mouvement présentes dans le mécanisme des grandes villes". Le film invente ainsi une virtuosité du rythme inédite en son temps, portant les arts visuels à leur apogée, notamment grâce au travail sur les cadrages, les trucages optiques et le montage. Son tournage bénéficie en outre de nombreuses innovations techniques, telle une pellicule plus sensible qui permet des prises de vues nocturnes. Mais la puissance de sa séduction repose aussi sur l'effet de réel, en nous plongeant dans un lieu et une époque irrémédiablement disparus. Lors de la première, un orchestre de soixante-quinze exécutants interprétait en direct la partition d'Edmund Meisel, considéré comme le premier véritable compositeur de musique de films de l'histoire du cinéma. Il a conçu une œuvre en harmonie étroite avec l'image, où les sons soulignent ou suggèrent les rumeurs de la ville et les cadences des machines, l'agitation des citadins, les ambiances survoltées ou paisibles.
L'ensemble forme une composition subtile où alternent sérénité et frénésie, mouvements de foule et scènes quasiment intimistes, à l'image et au son.






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