27/03/02
Avalon
Sortie du 27 mars 2002
AVALON
de Mamoru Oshii
(2001, Japon, 106 minutes)
Avec Malgorzata Foremniak, Wladyslaw Kowalski, Jerzy Gudejko…
Synopsis: Dans un grand ensemble urbain, lugubre et hors du temps, un groupe de personnes ne semblent avoir d'activité qu'un jeux virtuel et guerrier. Comme dans la plupart de ces jeux, les participant sont des fantassins qui doivent se perfectionner afin d'accéder à chacun des stades supérieurs. Le stade ultime est une mystérieuse destination nommée "Avalon". Evidemment, le jeu n'est pas sans risque, autant mentalement que physiquement.
Critique: Conçu par Mamoru Oshii, à qui l'on doit "Ghost in the Shell", manga futuriste particulièrement tarabiscoté, et tourné en Pologne dans des friches industrielles, "Avalon" ambitionne de renouveler une fois encore le sujet du jeu virtuel, voire d'en montrer une sorte d'expérience limite. Le thème a en effet connu de multiples avatars, du plus musclé, "The Matrix", centré sur le genre du film d'action, au plus élégant, "Existenz" de David Cronenberg, centré sur un second degré très ironique. Les grands complexes industriels à l'abandon que Mamoru Oshii a choisi pour décors et les silhouettes pâles et décaties des comédiens polonais semblent favoriser le thème de l'anti-fantasme : le jeu est l'ultime passe-temps d'une humanité désœuvrée qui ne se soucie même plus de son enveloppe corporelle. Cela accréditerait la thèse d'un traitement adulte, dans "Avalon", d'un sujet plutôt approprié aux divertissements pour adolescents, tels que "The Matrix". Mais cette ambition critique finit par phagocyter le film lui-même. Voulant aller plus loin que le simple "film de baston", Mamoru Oshii manifeste la volonté de montrer les séquences de jeu, combats guerriers partiellement filmés en image de synthèses, sous un angle frustrant et de les amener à chaque fois vers une même conclusion (le jeu n'apporte pas l'excitation escomptée, pas plus qu'une sorte de révélation spirituelle). En définitive, il les rend particulièrement ennuyeuses ! Elles ne sont guère rattrapées par les séquences se déroulant dans la réalité, censées montrer le vide existentiel des personnages. Elles non plus ne parviennent pas à dissocier la mise en scène du désœuvrement d'une certaine stérilité. Prétentieux, moraliste et statique, "Avalon", plutôt que de faire réfléchir le spectateur sur la prolifération du virtuel dans le monde contemporain, le conduit plutôt à penser qu'il faut laisser la culture adolescente, celle qui se repaît de jeux virtuels, aux seuls adolescents.
Julien Welter
Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 27-03-02