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MARDI 6 JUILLET A 22H45 - 02/07/04

Ardente patience

Téléfilm d’Antonio Skármeta
Allemagne, 1983, 1h16mn, VOSTF
Scénario: Antonio Skármeta, d’après son roman Une ardente patience
Avec : Oscar Castro (Mario), Roberto Parada (Pablo Neruda), Naldy Hernandez (Rosa), Antonio Skármeta sr. (le télégraphiste), Miguel Viqueira (l’abbé), Marcela Osorio (Beatriz)
Image : Joao Abel-Aboim
Montage : Agape Dorstewitz
Musique : Robert Lecaros
Production : Von Vietinghoff Film, Prole Filme
ARTE/ZDF
G RAND PRIX, BIARRITZ 1983

La rencontre entre le poète Pablo Neruda et un jeune facteur presque illettré. Ou comment l’amour conduit à la poésie, et la poésie à la politique.

1973. Alors que Pablo Neruda vit en exil sur l’île Noire, au large du Chili, le facteur Mario lui amène quotidiennement un volumineux courrier venu des quatre coins du monde. Un jour, le jeune homme a l’idée de mettre le grand écrivain à contribution pour l’aider à conquérir la femme qu’il aime. Pendant ce temps, les militaires prennent le pouvoir à Santiago…

Poétique politique
Pour adapter son roman à l’écran, Antonio Skármeta passe pour la première fois derrière la caméra. Chronique de l’histoire contemporaine du Chili empreinte de souvenirs personnels, son récit est surtout un vibrant hommage à la poésie. Le titre du roman (et du film) est tiré d’une citation de Rimbaud avec laquelle Pablo Neruda avait fini son discours lors de sa remise du Prix Nobel : “Ce n’est qu’au prix d’une ardente patience que nous pourrons conquérir la cité splendide qui donnera la lumière, la justice et la dignité à tous les hommes. Ainsi la poésie n’aura pas chanté en vain.” Ces mots, Mario les emprunte au poète pour les susurrer à l’oreille de la belle Beatriz. Mais si la poésie est efficace en amour, elle ne peut changer le destin tragique du Chili, soumis à la dictature militaire. Reste une mélancolie et une beauté un peu naïve qui bercent ce film entièrement dédié à la passion, à l’émotion et à la perception. C’est cette attention à la moindre chose que Pablo Neruda enseigne à Mario : en échange des lettres envoyées de France par le poète, le jeune facteur lui expédie des bandes magnétiques où il enregistre les sons de son pays – le bruit de la mer, le sifflement du vent, le carillon des cloches, les cris et les gazouillis de son bébé…


Informations complémentaires à propos du film « Ardente patience »

Antonio Skármeta a vécu plus d’une décennie en exil à Berlin, où il a écrit des livres et des pièces radiophoniques. Il a en outre travaillé avec Peter Lilienthal sur des scénarios de films, tels que « La Victoria », « Le calme règne dans le pays » ou « L’insurrection ». « Ardente patience » est sa première réalisation. Le film retrace la vie au Chili à l’époque du coup d’Etat militaire, en s’inspirant des souvenirs de Skármeta. A l’âge de 14 ans, le cinéaste avait lui aussi « emprunté » des poèmes d’amour à Neruda. Devenu homme de lettres et enseignant, Antonio Skármeta s’est lié d’amitié avec le grand poète chilien. En 1989, il est retourné vivre à Santiago du Chili. « Ardente patience » a remporté un grand nombre de prix nationaux et internationaux, notamment le Prix Georges Sardoul et le Grand Prix du jury à Biarritz. Le film, coproduit par l’unité de programmes « Das kleine Fernsehspiel » de la ZDF, a rencontré un franc succès en salle, notamment en Amérique latine. Aujourd’hui, le roman comme la version scénique de cette merveilleuse tragicomédie n’ont rien perdu de leur charme poétique.
Dans le Lexikon des Internationalen Films, on peut lire à propos de « Ardente patience » : « Le charme de ce film poétique et plein d’humour, un peu inégal toutefois, réside en premier lieu dans ses dialogues chaleureux et l’interprétation hors pair de son acteur principal ; « Ardente patience » est une rétrospective pleine d’espoir sur la dictature militaire au Chili ».
Tous les acteurs de ce film sont des Chiliens, la plupart d’entre eux vivant en exil en Allemagne. Roberto Parada était un comédien de théâtre très apprécié au Chili. Après le coup d’Etat de 1973, il n’a pas quitté le Chili en dépit des représailles qu’il y a subies : ainsi, son fils a été enlevé par la police politique et retrouvé égorgé quelque temps plus tard. Parada était professeur d’anglais dans le lycée fréquenté par Skármeta. Pour lui, le comédien, qui ressemblait à Pablo Neruda et avait le même âge que lui au moment des faits, était l’interprète idéal du grand poète. Roberto Parada est décédé en 1986.

(Traduit par le service linguistique d'ARTE de l'allemand vers le français)

Edité le : 02-07-04
Dernière mise à jour le : 02-07-04