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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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01/08/12

Afrobeats

Mélange de rap et de pop nigériane, l’afrobeat est une véritable déferlante qui envahit les clubs britanniques.

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Un dimanche soir à Greenwich : trois mille clubbeurs se bousculent aux portes du Proud2. La boîte de nuit est pleine à craquer. Comme à chaque fois qu’on y passe de l’afrobeat : un mélange de pop d’Afrique occidentale, de rap et de funky house.
 
DJ Abrantee
« L’afrobeat donne le sourire. C’est une musique qui signifie beaucoup pour les gens. Elle les transporte, elle leur donne envie de rire et de danser. C’est sûrement ce qui fait son succès. »
 
La scène afrobeat est toute jeune, mais elle grandit à vue d’œil, et DJ Abrantee en est un peu le père nourricier. Ce DJ de 31 ans a popularisé le genre au Royaume Uni. Deux fois par mois, il prend l’avion pour le Ghana, le pays de ses ancêtres, et en revient avec des morceaux plein ses valises : des nouveautés directement importées d’Afrique qu’il diffuse sur la station Choice FM, pour le plus grand plaisir d’un demi-million d’auditeurs dans la seule ville de Londres.
 
DJ Abrantee
« La scène afrobeat explose parce que grâce à nous, les jeunes afro-britanniques retrouvent leurs racines. Beaucoup d’entre eux rendent visite à leur famille régulièrement, au Ghana, au Nigéria ou en Afrique du Sud, et ils sont fiers de cette deuxième identité. »
 
Rien d’étonnant à ce que ces rythmes séduisent l’Angleterre : un million et demi de personnes y sont d’origine africaine. Dans l’imaginaire collectif, leur terre natale est encore associée à la guerre civile et à la pauvreté ; mais l’afrobeat commence à bousculer les idées reçues !
 
Ce nouveau courant musical descend en droite ligne de l’afrobeat des années 1970, dont Fela Kuti était la figure de proue. Ce musicien culte a refusé de se conformer aux critères de la musique blanche américaine, préférant créer son propre style : un mélange de jazz, de funk et de highlife, un style originaire d’Afrique occidentale.
 
DJ Abrantee
« Le bon vieux son de Fela Kuti, remis au goût du jour avec un peu de hip hop, de funky house et de rythmes très rapides : voilà ce qui rend l’afrobeat unique. »
 
Le style est nouveau, mais pas l’ambition des musiciens : promouvoir la musique africaine au Royaume-Uni. May7ven, alias Yemisi Odegbami, est l’une de ces artistes. Elle est née au Nigéria, a grandi à Londres et porte en elle le meilleur de ces deux cultures. Son style, qu’elle a baptisé Afr&B, truste actuellement les charts britanniques.
 
>> Bonus web : May7ven



May7ven
« Je veux montrer qui je suis et ce que je sais faire. Je suis Africaine. Je suis Nigériane. C’est ce qui me rend unique. Rihanna représente la Barbade mieux que personne ; Shakira est, à sa façon, l’incarnation de la beauté colombienne. C’est ce que je veux être pour l’Afrique. »
 
Et c’est ce qui pourrait bien arriver ! Son single « Ten Ten » a été propulsé en tête des charts d’outre-Manche et on l’appelle déjà la « Beyonce africaine ». Un vrai coup de fouet pour sa carrière ! Elle n’en revient toujours pas. Loin de la frénésie promotionnelle, May7ven trouve le temps de prendre du repos dans le salon de beauté du coin, qu’elle considère comme sa deuxième maison.
 
May7ven
« Muna est ma coiffeuse attitrée. Elle s’occupe de moi depuis plus de quatorze ans ; la première fois, je n’étais encore qu’une petite fille. Du coup, quand je viens, c’est comme une réunion de famille. »
 
L’afrobeat a même déjà sa première star internationale : D’Banj. Grâce à ce Nigérian, sous contrat avec le label de Kanye West, l’afrobeat part à la conquête des charts américains.
 
DJ Abrantee
« C’est bien que les majors commencent à s’intéresser à l’afrobeat, parce qu’il y a d’autres D’Banj et d’autres May7ven aussi. Aujourd’hui, nos musiques passent même sur les radios commerciales. On est devenus branchés. Maintenant que les gros groupes s’en mêlent, l’afrobeat est
propulsé dans la cour des grands. » 

>> Bonus web : Mylz


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mercredi, 27 juin 2012 à 04:00
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2012, 52mn)
WDR

Edité le : 12-06-12
Dernière mise à jour le : 01-08-12