d'Hans Weingartner
Allemagne/Autriche 2004, 2h06
Avec Daniel Brühl, Julia Jentsch, Stipe Erceg, Burghart Klaußner
Sélection officielle Cannes 2004
Critique. Ce film du cinéaste allemand d'origine autrichienne Hans Weingartner est une réflexion sur ses propres idéaux. Lui-même a tenté pendant des années de s'intégrer dans un mouvement qui ferait sens à ses yeux, mais n'en a trouvé aucun. Dans les monologues parfois un peu longs du héros principal Jan, on retrouve cet idéalisme du cinéaste qui peine à prendre forme dans une action concrète. Fort heureusement, l'histoire nous réserve aussi des choses plus divertissantes : un ménage à trois, et même un kidnapping tout à fait involontaire. Grâce à Burghart Klaußner dans le rôle du millionnaire kidnappé Hardenberg, le film échappe aux stéréotypes et au piège des répliques convenues. Chaque minute qui passe éloigne cet homme d'affaires de son idéal bourgeois qui l'oblige à trimer 14 heures par jour et l'enferme peu à peu dans ce qui ressemble à une prison. Paradoxalement, il se sent de plus en plus libre dans sa nouvelle situation. Il en oublierait presque qu'il est aux mains de ravisseurs, et savoure une légèreté de l'être qu'il avait complètement oubliée. Lui qui pensait que la liberté venait avec l'argent, il est bien obligé d'admettre que c'était faux. Les trois ados lui rappellent sa propre jeunesse dans la mouvance soixante-huitarde, alors qu'il vivait en communauté et prônait l'amour libre.
Pendant ce temps, Peter s'aperçoit à son grand dam que sa petite amie Jule est passée dans les bras de Jan. Weingartner laisse à ses acteurs une grande liberté d'improvisation. Comme pour son premier film DAS WEISSE RAUSCHEN (Le Bruissement Blanc), il s'est contenté d'un budget modeste et d'une petite équipe. Cela lui donne la souplesse dont il a besoin car, dit-il lui-même : « les meilleures idées me viennent en tournant ». La fin du film peut se discuter : malgré plusieurs options possibles, Weingartner a préféré opter pour la plus commerciale. On admettra tout de même pour sa défense que le paradoxe est immanent au sujet du film.
En tout cas, ce film dédié à de jeunes apprentis révolutionnaires marque le retour du cinéma allemand dans la compétition cannoise après onze ans d'absence… Cela valait bien une fête opulente dans une belle villa, avec champagne à volonté… Sans compter les canapés et autres sièges au design déjanté qui ornaient le hall d'entrée ! Bref, le film lui-même aurait pu donner matière à une petite séance de 'rééducation'…
Nana A.T. Rebhan
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The Educators
Allemagne/Autriche 2004, 2h06
Réalisation : Hans Weingartner
Avec Daniel Brühl, Julia Jentsch, Stipe Erceg, Burghart Klaußne
Sélection officielle Cannes 2004






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