
11 mars 1985
Mikhaïl Gorbatchev devient
secrétaire général du PC en URSS.
Été 1989
La Hongrie démantèle le rideau
de fer de sa frontière avec l’Autriche.
Des milliers d’Allemands
de l’Est passent à l’Ouest.
9 octobre 1989
Première manifestation
massive à Leipzig.
9 novembre 1989
Chute du mur de Berlin.
15 janvier 1990
Occupation du ministère de la Stasi
par des comités de citoyens.
18 mars 1990
Premières élections libres en RDA
qui donnent la victoire à l’Alliance
pour l’Allemagne d’Helmut Kohl.
18 mai 1990
Signature du Traité
sur l’union monétaire.
3 octobre 1990
Jour de l’unité allemande.
La RDA n’existe plus.

VU À LA TÉLÉ
Dans le processus d’assimilation à la RFA, les Allemands de l’Est avaient cependant un train d’avance grâce à la télévision : depuis des années, la majeure partie d’entre eux regardait quotidiennement les programmes de l’Ouest – hormis une petite enclave dans la région de Dresde dont la formation géologique en cuvette ne leur permettait pas de recevoir la télévision de la RFA : on les appelait les Ahnungslose, “ceux qui ne sont au courant de rien”. Cette fenêtre avait permis à la population de se tenir au courant, non seulement de l’actualité de l’Ouest, mais aussi de la musique à la mode, des séries télé ou des vêtements qu’il fallait absolument porter. Ainsi, quand ils visitèrent l’Ouest pour la première fois, les Allemands de l’Est ne furent pas surpris : ils avaient déjà vu ça à la télévision !
Les Wessies ne firent pas preuve d’une si grande ouverture. Quand les Allemands de l’Est firent brutalement irruption dans le monde tranquille de la RFA, la majorité des Allemands de l’Ouest ne savait quasiment rien sur eux. Ni le nom de leurs principaux dirigeants politiques, ni leurs stars de la chanson (hormis celles qui sont passées à l’Ouest, comme Wolf Biermann et Nina Hagen). Et puisque la RDA
avait disparu, ils n’avaient d’ailleurs aucune raison de s’y intéresser. À la question de savoir pourquoi il préférait partir à l’étranger plutôt que découvrir cette terra incognita, un journaliste de l’Ouest répondit : “C’est proche géographiquement mais, mentalement, c’est très loin.”
BRONZÉS AUX UV
En fait, le seul sujet qui réussit à passionner les Allemands de l’Ouest resta longtemps la Stasi, la police secrète, ce qui explique peut-être leur méfiance persistante vis-à-vis de leurs homologues de l’Est. Ce n’est qu’au bout de dix ans que les choses ont commencé à changer. Le succès de certains films comme Good bye Lénine ou La vie des autres ont apporté un nouveau regard sur la RDA. L’arrivée d’une nouvelle génération, ceux qui étaient encore adolescents au moment de la chute du Mur, a aussi permis d’estomper quelques clichés.

Kristel Le Pollotec est l’auteur de L’Allemagne de l’Est, la frontière invisible (Bartillat, 2004) et Le goût de Berlin (Mercure de France, 2009).

Alors que les années passaient et que les relations Ossies-Wessies restaient distantes, on a commencé à parier sur les enfants nés après la chute du Mur. Ceux-là, disait-on, seraient libérés du fardeau de la séparation et pourraient enfin créer un seul peuple. Pourtant, bien que leurs parents se soient depuis longtemps adaptés aux codes de l’Ouest, une partie de cette jeunesse issue de l’Est éprouve le besoin de se différencier du modèle écolo dominant à Berlin : peroxydés, bronzés aux UV et soigneusement épilés, leurs références esthétiques sont plus proches de celles qui règnent encore en Europe de l’Est...
Par Kristel Le Pollotec







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