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Les Yes Men refont le monde

Mardi 15 septembre 2009 à 20h45

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Les Yes Men refont le monde

Mardi 15 septembre 2009 à 20h45

Les Yes Men refont le monde

30/11/11

A la rencontre des Yes Men

Les Yes Men refont le monde - Vendredi 2 décembre 2011 à 23h


Interview avec les réalisateurs


ARTE : Nous trouvons le film génial, à la fois drôle et incroyablement choquant ! N’est-ce qu’un simple documentaire, ou y a-t-il également une part de fiction ?
Les YES MEN : Récemment, pour pouvoir participer aux Academy Awards, on nous a demandé quelle était la part de fiction dans notre film, et elle s’élève à exactement six minutes. Les scènes fictives ont un seul objectif : rendre la progression cohérente. Le téléspectateur n’a aucun mal à discerner ces scènes du documentaire. Comme par exemple celle où on nage sous l’eau, en costume-cravate, dans les vestiges d’un paysage industriel. On regarde même la télé sous l’eau. Personne ne s’imaginerait que c’est réel.

Que signifie votre nom, les « Yes Men » ?
Un « Yes Man » est un béni-oui-oui, qui donne toujours raison à son supérieur pour faire carrière le plus rapidement possible. Peu importe si ce chef est idiot ou exécrable. On a décidé de jouer là-dessus pour agir.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la création des Yes Men ?
Les Yes Men sont sortis d’un œuf et viennent de Zorcon !

Combien de membres font actuellement partie des Yes Men ?
Il y a un noyau dur d’environ 20 activistes, auxquels s’ajoutent nos quelque 300 collaborateurs. Les Yes Men, c’est aussi une communauté de milliers de membres, qui nous fournissent des renseignements et participent au financement de certaines actions.

Vous êtes respectivement professeur et auteur de science-fiction. Cela vous laisse-t-il beaucoup de temps pour les Yes Men ?
On ne vit à vrai dire que pour les Yes Men. On leur consacre tout notre temps, ce que nous reprochent nos partenaires et nos familles. Nos supérieurs ne sont, eux non plus, pas toujours emballés par nos activités, d’autant plus que nous travaillons à plein temps comme professeur et maître de conférences. On s’est donc coltiné une bonne dose de travail supplémentaire pour produire ce film. Du début jusqu’à la fin de la postproduction, nous avons travaillé sans le moindre financement extérieur. Nous avons tout fait : la réalisation, la production et toute la paperasse. C’est nous qui tenions la caméra, ou qui la fixions à un rocher lorsque nous devions apparaître ensemble à l’écran.

De toutes les actions que vous avez menées, quelles sont celles qui, selon vous, ont eu le plus d’influence sur le grand public, l’économie ou la politique ? Y a-t-il une action que vous ne referiez pas, ou dont vous avez aujourd’hui honte ?
Notre plus grosse action a sans aucun doute été de nous faire passer, auprès de la BBC, pour des porte-paroles de Dow Chemical, et de déclarer que nous allions enfin réparer nos méfaits sur le site de Bhopal. Nous ne regrettons aucune de nos actions. Bien sûr, on a commis des erreurs, mais chut !

C’est toujours fascinant de voir les Yes Men se déguiser en managers ultra-importants de je ne sais quelle entreprise au chiffre d’affaires faramineux. Comment arrivez-vous à camper ces hommes d’affaires avec tant de sérieux ? Ne perdez-vous jamais le contrôle ? Ne vous arrive-t-il pas, par exemple, d’éclater de rire lorsque vous présentez vos idées saugrenues ?
Un vrai manager n’a rien de particulier ni d’authentique. Il est donc facile d’en être un. Des hommes d’affaires, vous en trouvez à tous les coins de rue, ce sont des gens normaux. Chez eux, ils sont tout ce qu’il y a de plus gentil, parfois même drôles. La plupart du temps, ils savent se montrer généreux envers leurs amis. Pourtant, lorsqu’ils travaillent pour une entreprise comme Exxon Mobil, ils sont rarement scrupuleux et agissent souvent sans la moindre vergogne. Mais dans le principe, il n’y a rien de difficile à devenir un businessman. Alors pourquoi serions-nous démasqués ? Il n’y a pas de raison. Dans le monde des affaires, personne n’a jamais eu besoin de justifier de son origine.

Comment êtes-vous parvenus à recevoir une invitation de la BBC ?
En ce qui concerne la BBC, nous nous sommes contentés de mettre un site en ligne, puis d’attendre. Pour les autres invitations, on passe généralement des appels à droite à gauche, en se faisant passer pour quelqu’un d’autre…

Dernière question : avez-vous déjà eu des démêlés avec la justice ou fait l’objet d’une plainte ?
Jamais !

Propos recueillis le 6 août 2009

Edité le : Fri Aug 21 12:00:00 CEST 2009
Dernière mise à jour le : Wed Nov 30 13:59:04 CET 2011