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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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Art vidéo - 17/04/12

Weird Girls

Dans les vidéos de l’Anglaise Kitty Von-Sometime, les femmes sont des zombies, des lapins qui font de l’escrime ou des sirènes affublées d’un bonnet de bain. Des films toujours imprévisibles, toujours magnifiques, jamais prisonniers du carcan du corps idéal.

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(Re)voir le reportage

Février 2007, quelque part en Islande : la DJette et productrice Kitty von-Sometime en a ras-le-bol des copines qui se plaignent de leurs kilos en trop et de l’ennui qui les étouffe. Elle a l’idée d’apporter un peu d’air frais et de décomplexer tout le monde. Le « Weird Girl Project » est né.

La Britannique rameute quelques filles en Islande, sa patrie d’adoption, pour tourner une vidéo détonante, éblouissante et haute en couleur. Aucune des filles participantes n’a idée avant le tournage de ce qui l’attend. 15 épisodes plus tard, c’est toujours le cas. Kitty von-Sometime ne raconte qu’une fois sur place ce qui va arriver, car, dans ses vidéos, elle veut capter l’authenticité face aux situations inconnues. Quitte à ce que les Weird Girls fassent régulièrement des crises d’angoisse.

Kitty von-Sometime
La veille du tournage, il y a presque toujours une des nouvelles filles qui m’appelle pour me dire qu’elle ne peut pas le faire, qu’elle va péter un câble. Chaque fois, il faut que je les rassure en leur disant qu’elles ne feront rien qui aille contre leur volonté. Et puis une fois qu’elles sont maquillées et que c’est parti, elles en sont presque hystériques tellement elles sont excitées. Cela se voit dans les vidéos.



Dans les vidéos des Weird Girls, les femmes portent souvent toutes la même combinaison flashy en Lycra. C’est la matière que Kitty von-Sometime préfère, elle permet de mettre en valeur les courbes féminines. Pour elle, il n’y a rien de mieux quand on se sent mal dans son corps : « Quand on porte ça, on a juste envie de courir dans tous les sens et de danser ». Et c’est précisément ce qui se passe dans les vidéos, on y danse, on y défile, on y fait du roller, etc.

La composition du groupe diffère à chaque épisode, certaines filles sont danseuses professionnelles, d’autres amatrices. Il y a des femmes au foyer, des étudiantes. Certaines sont jeunes, d’autres moins. Le but, c’est que les Weird Girls se libèrent de toute contrainte dans cette expérience collective à la fois dadaïste et sensuelle. Elles doivent également apprendre à s’accepter et à aimer leur corps. Et ça marche plutôt bien, semble-t-il.

Þorgerður Sveinsdóttir, Weird Girl
Cela m’a aidé à m’accepter et à imposer ma volonté, et puis à ne pas vivre en fonction des autres. Le fait d’avoir participer à ce projet a changé ma vie.



Entre-temps, ce projet est devenu une sorte de boîte de production de vidéos musicales. Certaines sont des commandes d’artistes islandais comme Emiliana Torrini, Gus Gus ou Agent Fresco, mais aussi de groupes internationaux comme Heartsrevolution. Et Kitty a déjà franchi les frontières de l’Islande. Une vidéo a été même été tournée en Chine... TRACKS s’est rendu là où tout a commencé, en Islande, et a demandé à Kitty de lui expliquer pourquoi les meilleures idées lui viennent dans une eau à 40 degrés!

Liens

The Weird Girls Project - Website

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vendredi, 20 avril 2012 à 00:55
Pas de rediffusion
(Allemagne, 2012, 52mn)
BR

Edité le : 27-03-12
Dernière mise à jour le : 17-04-12