Cinq siècles après, on s’interroge encore sur le sens de ce tableau. Est-il uniquement religieux ? Est-ce, comme l’écrit Freud, une confession intime du peintre, un aveu de son homosexualité ? Ou bien est-il le fruit d’une vision essentiellement picturale ? Les spécialistes cherchent aussi à comprendre le secret du sfumato, cette technique particulière à Léonard de Vinci, qui vise à estomper les traits et qui donne ce rendu unique au modelé des visages et aux lointains.
Mais le plus grand mystère de la Sainte Anne réside dans son inachèvement.Mais le plus grand mystère de la Sainte Anne réside dans son inachèvement. Malgré sa perfection, le tableau n’est pas fini. Pendant vingt ans, Léonard n’a pas pu ou n’a pas voulu l’achever, nous laissant aujourd’hui face à une œuvre ouverte. Comment et pourquoi ? Jusqu’à maintenant, personne n’était en mesure de répondre à ces questions. D’autant plus que des couches successives de vernis jaunis ont petit à petit recouvert l’œuvre originale, ne permettant plus de voir sa véritable matière, ses nuances, ses profondeurs et ses couleurs.
Tableau en péril
La restauration entreprise, qui était d’abord une question de survie pour le tableau, permet aujourd’hui d’y voir plus clair. Si, dans ses phases préparatoires, cette opération complexe a mobilisé les outils les plus sophistiqués de l’investigation scientifique, le travail s’est fait à l’ancienne, à la main, celle de la restauratrice Cinzia Pasquali. Loin d’être une simple opération technique, la restauration de la Sainte Anne a révélé des enjeux symboliques à la mesure du statut unique du peintre et de son œuvre... Émouvant et éblouissant.






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