
- Un cadeau empoisonné à Sarkozy (Rue89)
- L'article original du Spiegel (en allemand)

François Hollande estime que ce texte, qui vient d'être ratifié par 25 des chefs d'États et de gouvernements de l'Union européenne lors d'un sommet à Bruxelles, donne une part trop belle à l’austérité au détriment de la croissance. Il a donc prévenu que s'il était élu, il le renégocierait. Problème : ce pacte a déjà été conçu dans la douleur et les ennuis jusqu'à la ratification définitive dans chacun des Parlements pourraient encore pleuvoir. À titre d'exemple, l'Irlande a déjà prévenu qu'elle souhaitait consulter ses citoyens par referendum, ce qui rappelle de mauvais souvenirs dans les couloirs des institutions à Bruxelles...
Angela Merkel y tient dur comme fer à ce pacte : elle ne veut surtout pas que les élucubrations d'un candidat en campagne à l'élection présidentielle française vienne tout faire capoter. Quant à David Cameron, sa prise de position peut surprendre. Il avait refusé avec pertes et fracas de signer ce pacte, qui l'aurait obligé à un retour à l'équilibre budgétaire, au prétexte qu'il s'agissait là d'une perte de souveraineté nationale. Pourtant selon Der Spiegel, il aurait décidé de se joindre au boycott, sans doute motivé par des considérations idéologiques. En visite à Londres cette semaine, François Hollande avait plaidé, aux côtés d'Ed Miliband, le leader de l'opposition travailliste, pour plus de régulation dans la finance. Et la régulation c'est justement ce dont le Premier ministre Cameron ne veut pas.
Cet article du Spiegel révélé hier n'a pas manqué de faire réagir. Le premier concerné, François Hollande, ne veut pas se laisser impressionner : « c'est le peuple français qui va décider de son avenir. Ce ne sont pas des dirigeants européens, que je respecte par ailleurs, qui doivent peser sur la décision du peuple français ». Pour le socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, « Angela Merkel en fait trop !». Un avis que semble partager, le ministre des Affaires étrangères allemand qui s'était exprimé dans une interview quelques heures avant la révélation du Spiegel. Il demandait déjà aux hommes politiques allemands de ne pas s'immiscer dans le débat politique français : « Les divergences politiques allemandes ne doivent pas être exportées vers la France (…) Il ne doit subsister aucun doute sur le fait que l'Allemagne travaillera très bien avec tout gouvernement choisi par le peuple français ». Visiblement, cet avertissement n'est pas arrivé jusqu'aux oreilles de la chancelière allemande à temps.






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