De Theo Angelopoulos
(Grèce, 2004, 2h50)
Avec Alexandra Aidini, Nikos Poursanidis
Compétition / Berlinale 2004
Critique: Theo Angelopoulos revient à la réalisation, après que des cinéastes essentiels comme Bela Tarr (« Satantango » et « Les Harmonies Werkmeister ») lui ont sérieusement damé le pion dans son registre favori : l’évocation de la déliquescence de L’Europe par le biais d’un cinéma élégiaque, marqué par une lenteur funéraire et esthétique. Pourtant, en ce qui concerne la mise en scène, le cinéaste grec s’est encore radicalisé, pour faire preuve aujourd’hui d’un esprit de synthèse où ne subsiste comme discours que le mouvement uniformément lancinant de la caméra et le choix de la teinte grise, travaillée sous ses plus infimes déclinaisons.
Très peu de dialogues, encore moins de musique et une volonté d’inscrire les personnages dans le cadre en évitant tout gros plan ou toute effusion émotionnelle trop appuyée… Seule prime la picturalité, et il faut bien reconnaître qu’en dépit de cette sévérité, le sens de la composition dont fait preuve Angelopoulos est toujours aussi riche, sidérant même et surtout inspiré. Passe ainsi trente années de la vie d’Elini et d’Alexis, conjuguées aux mutations de la Grèce. La petite histoire et la grande se trouvent prises dans un mouvement aussi homogène qu’inexorable : victime ou jouet des évènements, le couple passe dans l’histoire comme il traverse les plans du film. C’est donc, comme souvent chez Angelopoulos, le paysage qui est le conteur et le véritable témoin du récit débutant cette trilogie, dont la conclusion se situera à la fin du vingtième siècle.
Julien Welter
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Eleni
Trilogy : La Terre qui pleure
De Theo Angelopoulos(Grèce, 2004, 2h50)Avec Alexandra Aidini, Nikos Poursanidis
Sortie du 13 juillet 2004







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