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ARTE Journal - 19/05/11

Une jeunesse se révolte

En Espagne, c'est l'expression d'un ras-le-bol, une fronde qui ressemble d'ailleurs à bien des égards au printemps arabe. Le mouvement est né spontanément sur internet. A l'origine, des jeunes. Ils sont en révolte contre la crise, la précarité et la classe politique.

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"Sans maison, sans boulot, sans retraite mais sans peur" : le slogan du mouvement Juventud sin futuro (Jeunesse sans futur) est révélateur de la détresse des jeunes Espagnols. Ils ont transformé la Puerta del Sol, la place mythique de Madrid, en camping protestataire géant. Depuis le 15 mai, ils sont des dizaines de milliers à occuper les lieux. Étudiants, chômeurs, ils se sont surnommés los indignados « Les indignés ». Leur revendication principale est un travail digne pour tous. Ils condamnent également la classe politique, qu'ils considèrent comme indifférente à leur sort.


5 millions de chômeurs
Le désespoir de la jeunesse prend sa source dans le chômage qui ronge la péninsule. Plus de 21% de la population active est sans emploi, soit 5 millions de chômeurs. Dans ce marasme, à quoi bon faire des études si l'avenir est synonyme de petits boulots mal payés, de chômage ou au mieux d'immigration. Frappée de plein fouet par la crise financière, l'Espagne, pour réduire ses déficits, a demandé de l'aide aux marchés et à Bruxelles. En échange, ceux- ci ont exigé des mesures d'économies draconiennes. Résultat : les salaires des fonctionnaires ont été baissés de 5%, la retraite a été reportée de 65 à 67ans, les licenciements ont été facilités et les indemnités pour les chômeurs en fin de droit ont cessé d'être automatiques.


A bas les politiques
Le premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero est à l'origine de ces mesures impopulaires qui frappent les plus pauvres mais qui sont jugées indispensables par l'ensemble de la classe politique. Avec un gouvernement de gauche au pouvoir, les syndicats restent très modérés, une seule grève générale a eu lieu en septembre et elle a été peu suivie. Devant cette indifférence des politiques, les jeunes espagnols tentent le coup de force avant les élections municipales du 22 mai en continuant d'occuper des places symboliques dans tous le pays avec un slogan « Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers ».

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Edité le : 19-05-11
Dernière mise à jour le : 19-05-11


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