Dans la salle de "rasage", les coiffeurs s’activent, dénudant en quelques minutes à peine la peau des crânes des fidèles. Puis ils tirent une autre personne de la file d’attente pour la pousser vers les planches qui font office de tabourets. Sumati Jayapathi et Balaji, son fils de dix ans, sont venus de loin pour faire l’offrande de leurs cheveux au temple de Palani. En contrepartie, ils espèrent que les Dieux, dans leur clémence, accepteront qu’ils construisent une petite maison. Sumati ne s’était pas rendue à Palani depuis dix ans. La ville, que le commerce des cheveux a rendue prospère, a bien changé et elle s’est agrandie.
Ce sont désormais des millions de pèlerins qui se rendent chaque année à Palani pour y sacrifier plusieurs tonnes de cheveux. Pacte tacite que celui de l’offrande donnée et acceptée. Les fidèles savent bien que le temple revend leurs cheveux, mais puisque c’est pour financer une bonne cause… En tous cas, les affaires vont bon train grâce à l’engouement pour les "extensions" et les perruques en cheveux naturels. Une cinquantaine de sociétés indiennes se font concurrence pour obtenir les cheveux les plus beaux et les plus résistants au monde. Des acheteurs, on en trouve aux quatre coins du monde ; alors, il est fort possible que les cheveux de Sumati Jayapathi ornent bientôt la tête d’une cliente européenne, sous forme d’extension ou de perruque.
Avant d’en arriver là, les cheveux ont du chemin à faire – ils seront envoyés dans la métropole indienne de Chennai, puis feront escale à Rome avant d’atterrir à Berlin ou à Paris. A chaque étape, ils subiront un traitement ou un embellissement. Le reportage suit leur parcours et montre que le culte de la chevelure en Inde est une aubaine pour les Occidentaux qui apprécient de plus en plus les beaux cheveux.







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