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ARTE Journal - 7 mars 2011 - 07/03/11

Tunisie : remaniement et dissolution de la police politique

Il y a encore une semaine, cette décision semblait improbable : la terrible police politique tunisienne et l'appareil de sécurité d'État sont désormais supprimés. Pour faire revenir le calme en Tunisie et espérer relancer l'économie, le gouvernement de transition, dirigé depuis le 28 février dernier par Béji Caïd Essebsi, semble décidé à balayer les vestiges les plus terribles du régime. Sous Ben Ali et lors des premières mois de la révolution de Jasmin, ces deux organismes se sont tout particulièrement illustrés en matière de torture et d'arrestations arbitraires. Les protestataires avaient fait de leur dissolution une priorité.


Nouveau coup de balai au sein du gouvernement
Plus aucune figure du régime Ben Ali ne figure au gouvernement, ce qui avait généré la démission des équipes précédentes. Ce dernier vient d'achever son remaniement. Il est désormais compoisé de 22 ministres, dont cinq totalement nouveaux et notamment le Ministre des Affaires étrangères Mouldfi Keffi, le Ministre de l'Enseignement supérieur, Rifaat Chaabouni ou encore le Ministre de la Planification et de la Coopération internationale, Abdelhamid Triki.

Liste du nouveau gouvernement tunisien (source Le Monde.fr)
Premier ministre Béji Caïd Essebsi - Ministre de la Justice: Lazhar Karoui Chebbi (reconduit) - Ministre de la Défense nationale: Abdelkrim Zbidi (reconduit) - Ministre de l'Intérieur: Farhat Rajhi (reconduit) - Ministre des Affaires étrangères: Mouldfi Keffi (nouveau) - Ministre des Affaires sociales: Mohamed Ennaceur (reconduit) - Ministre des Finances: Jalloul Ayed (reconduit) - Ministre des Affaires religieuses: Laroussi Mizouri (reconduit) - Ministre de l'Education: Taïeb Baccouche (reconduit) - Ministre de la Culture: Ezzeddine Bach Chaouch (reconduit) - Ministre de l'Enseignement supérieur: Rifaat Chaabouni (nouveau) - Ministre de la Santé publique: Habiba Zahi Ben Romdhane (reconduite) - Ministre du Commerce et du Tourisme: Mehdi Houas (reconduit) - Ministre de l'Agriculture: Mokhtar Jalleli (reconduit) - Ministre des Affaires de la Femme: Lilia Laabidi (reconduite) - Ministre du Transport et de l'Equipement: Yassine Brahim (reconduit) - Ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle: Saïd Aydi, - Ministre de la Jeunesse et des Sports: Mohamed Aloulou (reconduit) - Ministre de la Planification et de la Coopération internationale: Abdelhamid Triki (nouveau) - Ministre de l'Industrie et de la Technologie: Abdellaziz Rassaa (reconduit) - Ministre des Domaines de l'Etat: Ahmed Adhoum (reconduit) - Ministre du Développement régional: Abderrazak Zouari (nouveau)


ARTE Journal 28 février 2011


Après quarante-huit heures de violences en Tunisie, le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a annoncé ce dimanche sa démission. Il a été suivi lundi par le ministre de l'Industrie et de la Technologie, Mohamed Afif Chelbi, et le ministre de la Planification et de la Coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini.

Ils ont réussi à "dégager" le Premier ministre tunisien par intérim, Mohamed Ghannouchi. Les Tunisiens l’ont obtenu à l’issue de deux jours de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ayant fait cinq morts et des dizaines de blessés. Les contestataires réclamaient son départ depuis le début de la révolution de Jasmin.

Mohamed Ghannouchi, qui avait pris la tête du gouvernement de transition trois jours après la chute du président Ben Ali, a déclaré dimanche : "Je ne serai pas le premier ministre de la répression. Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes."

Malgré tout, les manifestants ne sont pas contents. Plusieurs centaines de personnes poursuivent leur sit-in entamé il y a dix jours dans le centre de Tunis. La nomination du nouveau premier ministre Béji Caïd Essebsi a été jugée trop hâtive. L’homme n’est pas un inconnu et réputé pour être un libéral. Béji Caïd Essebsi, 84 ans, était ministre sous Habib Bourguiba, le père de l'indépendance.

Et puis surtout, les Tunisiens n’ont pas confiance en leur "gouvernement d'union nationale". Plusieurs dirigeants de l’ancien régime sont toujours là. Deux d’entre eux ont jeté l’éponge ce lundi : Mohamed Afif Chelbi, ministre de l'Industrie et de la Technologie et le ministre de la Planification et de la Coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini.

Au même moment, place de la Kasbah à Tunis, les manifestants se faisaient entendre "Nous maintenons notre sit-in jusqu’à la formation d’une Assemblée constituante et la reconnaissance du Conseil de protection de la révolution", a rappelé leur coordinateur Mohamed Fadhe.


ARTE Journal - 25 février 2011


La rue accentue à nouveau la pression sur le gouvernement de transition tunisien. Plus de 100 000 manifestants sont rassemblés ce vendredi devant la Kasbah où se trouvaient les bureaux du Premier ministre jusqu'à fin janvier. Alors que des manifestants campaient devant depuis deux semaines, Mohamed Gannouchi a déplacé ses bureaux au palais présidentiel de Carthage. Mais pour les protestataires, la Kasbah reste le symbole du pouvoir. Selon des journalistes de l'AFP sur place, les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui grimpaient aux fenêtres de l'immeuble du Ministère de l'Intérieur. Ils font également état d'une dizaine de tirs de sommation. Ce soir, pour calmer les esprits, le gouvernement de transition annonce des élections "au plus tard mi-juillet"..

Selon le Croissant rouge, il s'agit du plus grand rassemblement populaire depuis ceux qui ont précipité la chute de Ben Ali, le 14 janvier dernier. Répondant à des appels sur Facebook, des milliers de personnes continuent d'ailleurs d'affluer dans le centre de Tunis.

"Ghannouchi dégage, la révolution jusqu'à la victoire"
Depuis la mi janvier, il n'y pas un seul jour sans manifestation, plus ou moins suivie, devant la Kasbah à Tunis. Mais les protestataires ont profité de ce jour férié pour se rassembler massivement et rappeler les objectifs de la Révolution de Jasmin au gouvernement de transition. Et en tout premier lieu, la démission de Mohamed Ghannouchi, ex-cacique du régime Ben Ali.

Des promesses non tenues ?
Une colère motivée aussi par le fait que jusqu'ici, le pouvoir n'avait toujours pas fixé la date pour les prochaines élections. Il n'a pas non plus, selon les manifestants, engagé de manière concrète la dissolution du RCD, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) l'ex-parti au pouvoir suspendu depuis le 6 février dernier. Enfin, les protestataires réclament d'urgence la mise en œuvre des réformes sociales et économiques promises par l'équipe de transition et qui permettraient d'améliorer leurs conditions de vie. Le chômage et la cherté de la vie étaient les principaux moteurs de la Révolution de Jasmin.

MAM bientôt débarquée ?
Les rumeurs sur une démission de la Ministre des Affaires étrangères, empêtrée dans la polémique de ses vacances tunisiennes, se font de plus en plus persistantes. Selon l'AFP, deux hauts-responsables du gouvernement affirment que Michèle Alliot-Marie quittera ses fonctions dimanche ou lundi.


ARTE Journal 22 février 2011


Tunis a demandé l'extradition de Leïla Trabelsi, l'épouse de l'ex-président Ben Ali, à l'Arabie Saoudite. Pressée de renouer des relations plus harmonieuses avec la Tunisie, la France a envoyé la très populaire ministre de l'Économie, Christine Lagarde, et le ministre en charge des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, en mission de réconciliation...

L'étau se resserre autour de l'ex-couple présidentiel
Le gouvernement de transition tunisien a officiellement demandé à Ryad, l'extradition de l'épouse de Ben Ali, Leïla Trabelsi, l'ex-coiffeuse devenue régente tyrannique. Hier, Tunis avait déjà demandé l'extradition du dictateur déchu ainsi que des informations précises sur son état de santé. Selon ses proches, ce dernier, dans le coma, serait hospitalisé à l'hôpital de Jeddah. Des démarches qui s'inscrivent dans le cadre de l'enquête en cours contre le clan Ben Ali.
Le 26 janvier dernier, la justice tunisienne avait lancé un mandat d'arrêt international contre l'ex-couple présidentiel. Ben Ali est notamment accusé d'incitation au crime, de détournement de fonds, de blanchiment d'argent, d'exportation illicite de monnaies étrangères et d'incitation au crime. Le 4 février dernier, l'Union européenne a décidé le gel des avoirs de quarante-six membres du clan Ben Ali. Hier, la Banque centrale tunisienne a dévoilé que l'ex-dictateur avait dissimulé de l'argent liquide, des bijoux et de l'or pour une valeur de plus de 21 millions d'euros dans le palais présidentiel de Carthage.

Le gouvernement tunisien demande la dissolution du RCD
Une nouvelle page de l'ère Ben Ali devrait bientôt se tourner : le ministère tunisien de l'Intérieur a réclamé, lundi, la dissolution du Rassemblement constitutionnel démocratique, l'ex-parti au pouvoir en Tunisie. Les membres du parti de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali sont soupçonnés d'être à l'origine de nombreux incidents suite au départ de Ben Ali afin de créer une instabilité générale dans le pays qui aurait pu permettre son retour. Toutes les activités de l'ex-parti unique ont été suspendues au début de ce mois. Si la justice tunisienne accède à la demande de dissolution, le RCD ne pourra pas présenter de candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue pour dans cinq mois.

Rétablir la confiance entre Paris et Tunis
Renouer le dialogue, rétablir la confiance entre la France et la Tunisie, c'est une tâche délicate que l'Élysée à confié aux ministres de l'Économie et des Affaires européennes, dépêchés aujourd'hui à Tunis. Après un mois de dérapages diplomatiques, marqué par le voyage controversé de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie en Tunisie, sa conversation téléphonique avec Ben Ali au début des émeutes ou encore sa proposition d'apporter le "savoir-faire français" aux policiers anti-émeutes tunisiens, sans oublier l'extrême discrétion de la France suite à la chute du régime, les deux émissaires français ont du pain sur la planche. D'autant que la dernière tentative de réconciliation diplomatique de Paris, la nomination du nouvel ambassadeur à Tunis, Boris Boillon, a fini elle aussi par défrayer la chronique. À peine ses fonctions prises, ce dernier s'est illustré par une attitude insultante avec la presse tunisienne.

Premier partenaire économique de la Tunisie, la France fait désormais tout pour renverser la vapeur et soutenir le gouvernement de transition. Lors de sa rencontre avec le Premier ministre tunisien, Mohammed Ghannouchi, Laurent Wauquiez a évoqué la possibilité d'une augmentation des financements européens en Tunisie et appelé à la mise en œuvre "d'un plan Marshall européen et mondial pour la Tunisie". Et Christine Lagarde de proposer d'accélérer les programmes de financement avant de préciser : "Je souhaite que la Tunisie puisse maintenir une situation de croissance économique qui permette, sur le plan des salaires, des emplois, de la création de la valeur dans ce pays, de répondre à la soif de liberté et de démocratie du peuple tunisien"...


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Edité le : 21-02-11
Dernière mise à jour le : 07-03-11