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ARTE Journal - 2 août 2010 - 02/08/10

Cuba : oui aux petits commerces privés

Cuba : des privatisations en douceur
Les premiers a avoir pu se mettre à leur compte à Cuba furent les chauffeurs de taxi. Il y a trois mois, ce sont les coiffeurs qui leur ont emboité le pas. Après l'annonce de ce dimanche, ce sont les petits commerces de toute nature qui devraient à leur tour devenir indépendants.

Le gouvernement cubain lâche du lest, comme l'a annoncé à la presse ce dimanche le ministre de l'Economie, Marino Murillo. Tout devrait se faire lentement pour ne pas commettre d'erreur, mais le régime castriste a bien confirmé sa volonté d'introduire plus de souplesse dans son économie. "On ne peut pas parler de réformes, mais d'une actualisation du socialisme" selon Marino Murillo. L'état va donc autoriser au compte-goutte l'ouverture de petits commerces privés, une mesure attendue avec impatience par la population.

L'exemple des salons de coiffure
Depuis trois mois, le coiffeur du coin n'est plus un fonctionnaire mais un travailleur indépendant. En libéralisant l'activité des salons de coiffure, le gouvernement a donné des ailes à un secteur de l'activité qui a inauguré un nouveau type de fonctionnement. Les propriétaires de salons louent leur local à l'état. Ils payent eux-mêmes leurs employés, un impôt sur le revenu et un permis à l'administration. Un système qui devrait dorénavant s'appliquer à d'autres secteurs.

Car l'économie cubaine cherche un nouveau souffle. Tenue à plus de 90% par l'état, elle est gangrenée par la corruption. Le marché noir y règne en maître et elle est plombée par l'imposante bureaucratie locale. Isolé depuis 48 ans par l'embargo américain, Cuba est fortement dépendante des importations. Le président Raoul Castro souhaite relancer la production locale notamment dans le secteur agroalimentaire. C'est pourquoi il envisage de redéployer des emplois. Près d'un million de postes de fonctionnaires devrait ainsi disparaître notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Ces personnes seront redirigées vers des domaines où la main d'oeuvre fait défaut.

Des villas à vendre
L'île souffre aussi d'un déficit de devises car avec la crise économique internationale, les touristes sont moins nombreux. Cette activité représente normalement 2 milliards de dollars de recette chaque année. Pour rendre la destination Cuba plus attractive, le gouvernement va lancer un programme de construction de 16 terrains de golf avec des villas. Pour la première fois depuis les années 1990, des étrangers pourront y acquérir des maisons. Là aussi, c'est une petite révolution puisque la propriété immobilière est interdite pour les étrangers et les émigrés cubains. Il faut d'ailleurs savoir que les Cubains n'ont eux non plus ni le droit de vendre, ni celui d'acheter leur habitation. Ils doivent se contenter "d'échanger" la demeure où ils vivent avec une autre personne s'ils veulent déménager.

Reste à savoir si cette ouverture vers le capitalisme va réellement porter ses fruits, c'est-à-dire renflouer les caisses de l'Etat et offrir un peu plus de liberté aux Cubains.

Manuel Dantas (Sources: AFP, DPA)

Edité le : 02-08-10
Dernière mise à jour le : 02-08-10


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