Compétition
L'interview avec Ki-Duk, Kim Part 1 Part 2
(Real Video)
Synopsis : Sur sa superbe moto, Tae-suk arpente les rues de la ville et laisse des tracs sur la poignée de la porte de riches villas. Il repasse dans une deuxième phase pour constater si le trac est toujours là et dès lors, il sait que la maison est désertée. Dans ce cas il s’y installe pour quelques jours. Un jour il fait de même pour ce qui est de la maison de Sun-hwa, une femme battue par son mari et qui ne réagit pas à la présence de Tae-suk lui-même persuadé d’être seul. Après plusieurs heures la femme ne se cache plus de chez elle, Tae-suk découvert fuit. Il revient cependant sur son chemin, décidé à ne pas laisser Sun-hwa sous l’emprise de son intraitable mari. Une histoire d’amour entre le jeune homme et cette femme commence...
Critique : Le nouveau film de Kim Ki-Duk présenté comme faisant partie de la compétition à Venise au tout dernier moment, est une excellente surprise tant ce film se révèle enchanteur. En exergue de cette histoire, le réalisateur coréen souligne : « Nous sommes tous des maisons vides attendant que quelqu’un vienne ouvrir la serrure et nous libérer ». Avec infinie douceur et beaucoup de silences Kim Ki-Duk illustre concrètement ce propos. Le personnage deTae-suk passe ainsi de maisons en maisons qu’il occupe comme un fantôme, n’y dérobe jamais rien des propriétaires partis en vacances mais au contraire répare la balance détraquée de la salle de bain ou arrose consciencieusement les plantes de la véranda.
D’emblée le portrait de ce très beau jeune homme solitaire amuse tout autant qu’il émeut de part la succession de petits détails qui s’accumulent et savamment mis en relief par Kim-ki-Duk. Tae-suk est une sorte de fantôme et à la fois un saint qui effleure de sa bonté les espaces vides abandonnés. Lorsqu’il rencontre Sun-hwa, la femme au visage marquée par les coups de son mari, aucun mot, ni dialogue ne sont esquissés. Par la suite il en sera de même lorsque Sun-hwa s’évade avec Tae-suk sur sa moto, reproduisant avec lui l’intrusion d’habitations vides, se fondant au rythme du jeune homme, dupliquant la moindre de ses attitudes.
La drôlerie et la mélancolie de ce couple formée sous nos yeux confinent dès lors à une poésie des plus raffinées, une vision allégorique de la vacuité des choses contemporaines sans que l’esthétique habituelle et parfois excessive de Kim-Ki Duk ne vienne ici interférer malencontreusement au plaisir de cette histoire. Plus tard, au détour de péripéties malheureuses, le couple est séparé et Kim-Ki Duk s’emploie à maltraiter ses personnages individuellement par le biais de la démonstration de la vulgarité et de la bêtise d’un policier abruti et du retour en force du mari macho de Sun-hwa.
Ce rustre, lors de la bonne réception d’une baffe monumentale de sa femme, fera bondir d’applaudissements en pleine séance la salle entière de la Mostra. La force émotionnelle de «3-Iron » soulève ainsi les cœurs jusqu’au bout, relève en germe de l’adhésion unanime tel «Le Cercle des poètes disparus » ou « Amélie Poulain » à l’époque, il est désormais dans l’esprit du public le Lion d’Or de cette année. Conséquemment, le film agacera violemment tous les autres.
Olivier Bombarda
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3-Iron (Binjip)
Un film de Kim Ki-Duk
(Corée-2004-95 min.)
Avec Lee Seung-yun, Jae Hee...
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