On parle beaucoup du PLD (Parti libéral démocrate) et du PDJ (Parti démocrate du Japon) dans ces élections, mais il y a tout de même d'autres partis qui présentent des candidats. Parmi eux, le "parti de la réalisation du bonheur", créé il y a quelques mois.
La campagne électorale du "parti du bonheur" a des allures quelques peu kitsch, avec son candidat qui salue comme s'il était le participant d'un concours de beauté, et ses volontaires enthousiastes qui tentent, toujours très poliment, de distribuer les tracts de leur champion.
Le "parti de la réalisation du bonheur" a une caractéristique dans cette campagne : il est l'émanation du "Kofuku no Kagaku". En France, ce mouvement religieux est inscrit sur la liste des sectes. Alors tout naturellement, les personnes qui soutiennent la campagne sont des fidèles.
Le gourou de cette religion, Ryuho Okawa est lui même aussi fondateur du mouvement. Cet homme de 53 ans, auteur de plus de 500 ouvrages, serait une réincarnation de Bouddha. Il revendique, sans preuve aucune, plus de 10 millions de fidèles au Japon et dans le monde. Au siège du "parti du bonheur", Maître Okawa prêche la bonne parole sur écran géant. Rien d'étonnant, car il est aussi le président du parti. Un parti au programme bien arrêté : suppression de la TVA, renforcement de la défense nationale, augmentation de la population, y compris par l'immigration.
C'est un programme qui joue sur les peurs des Japonais. Dans une
vidéo apocalyptique, diffusée par le parti sur YouTube, le Japon est attaqué par la Corée du Nord. En moins de 10 minutes, l'archipel est réduit à néant.
Dans ce programme, aucune mention de la secte. Durant la campagne, les quelques 200 églises du "Kofuku no Kagaku", comme celle de Tokyo, restent d'ailleurs prudemment fermées. Pas de fidèles, pas de meetings. Depuis les attentats au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, perpétrés par la secte Aum, politique et religion ne font pas bon ménage au Japon. Cela devrait conduire à un échec du parti du bonheur aux élections. En espérant que les conséquences d'un tel échec seront limitées. Car c'est après le revers qu'elle avait essuyé aux élections de 1990 que la secte Aum s'était tournée vers la violence extrémiste.