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Cannes 2009

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Cannes 2009 – Compétition officielle - 24/05/09

Inglourious Basterds

Un film de Quentin Tarantino


( note Arte: 4 ) Le troisième Reich sous forme de western spaghetti en cinq actes.

  • Interview arte.tv : Quentin Tarantino
  • ARTE Culture du 20.05. - Inglorious Basterds

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Synopsis : Tout au long des cinq actes, se déroulent deux actions parallèles qui finissent par se rejoindre: quelque part en France, à la campagne, au début de l'occupation allemande, le Colonel Landa (Christoph Waltz) démasque une famille juive, les Dreyfuss, et la fait fusiller. Seule la fille, Shosanna, parvient à échapper au massacre et s'enfuit à Paris, où elle vit sous une fausse identité en tant que propriétaire d'une salle de cinéma. Dans le même temps, le Lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) rassemble sa troupe de guerrilleros américano-juifs, connue sous le nom de ''Basterds'', pour 'liquider' et scalper derrière les lignes ennemies autant de nazis que possible. Avec la complicité de la star du cinéma allemand, Bridget Von Hammersmark (Diane Kruger), qui est aussi un agent du OSS, ils projettent un attentat contre les dirigeants du régime nazis, qui doivent justement assister à la première d'un film dans le cinéma de Shosanna.

Inglourious Basterds

Un film de Quentin Tarantino
(USA, Allemagne, 2009, 148 min.)
Scénario: Quentin Tarantino
Avec: Brad Pitt (Lt. Aldo Raine), Mélanie Laurent (Shosanna Dreyfuss), Christoph Waltz (Col. Landa), Eli Roth (Donny Donowitz), Diane Kruger (Bridget Von Hammersmark), Daniel Brühl (Frederick Zoller), Til Schweiger (Hugo Stieglitz).

Critique : Lors de la conférence de presse à Cannes, Quentin Tarantino a affirmé, de la manière un peu fiévreuse et nerveuse qui lui est coutumière, qu'il faisait des ''films pour le monde entier'', parce que Cannes est, selon lui, le plus important festival du monde. Evidemment, ses films se nourrissant de l'univers pop du monde entier, on ne peut dénigrer la dimension universelle de son oeuvre. Personne ne sait mieux que lui comment créer des mélanges d'une telle vitalité à partir d'éléments éparts, issus des innombrables films dont il s'inspire. Ces guerrilleros autour du lieutenant apache Aldo Raine, incarné par Brad Pitt, sont les descendants des personnages de salopards des années 60 et 70: des ''basterds'' comme dans le film de guerre de Enzo G. Castellari, '' The Inglorious Bastards - une poignée de salopards'' (1978); d'ailleurs, ''Inglorious Basterds'' puise largement dans le sous-genre du ''combat macaroni'', l'équivalent en film de guerre du ''western spaghetti''. Bien entendu chez Tarantino, tout prend une tournure particulière, ce qui se manifeste dans ses fameux dialogues. Quand on se consacre avec une telle passion et une telle minutie à un sujet donné, le résultat ne peut pas être ennuyeux. Le seul reproche que l'on pourrait faire au film, c'est que cette fois les dialogues sont souvent trops longs et répétitifs.

Ce qui caractérise Tarantino, c'est sa façon ultime de se consacrer à un genre, aux oeuvres d'un metteur en scène ou à des scènes de ses films préférés, et de leur rendre hommage jusque dans le plus petit détail, bien entendu de la manière exubérante qui lui est propre. Il accorde, cependant, moins d'importance à la cohérence stylistique des différentes parties, ces cinq actes qui découpent l'action. Il est vrai que les châpitres furent écrits séparément et pourraient constituer des épisodes indépendants. Ainsi, le premier acte, commence tout à fait dans la tradition du western spaghetti avec l'incontournable musique d'Ennio Morricone combinée à une somptueuse interprétation de la “Lettre à Elise”. Dans la cambrousse française, l'effet est surréaliste. Mais s'il y a quelqu'un capable de mêler des éléments aussi disparates, c'est bien Tarantino. Cependant, cela provoque une dissonance dans le cinquième acte, lorsque Shosanna, grimmée avec des peintures de guerre, se prépare au combat dans une atmosphère pathétique typique des années 80 et soutenue par une musique de David Bowie. Le reste du temps, on ne manque pas de scènes décalées: par exemple, quand un agent secret britannique, qui se fait justement passer pour un critique de cinéma, se déguise en officier SS pour poser les charges explosives dans le cinéma. On a aussi affaire à ''l'ours'', un juif féroce (Eli Roth), qui a la réputation tenace chez les nazis d'être la réincarnation du golem, mais un golem moderne armé d'une batte de base-ball avec laquelle il aime fracasser le crâne de ses ennemis. Un autre gag récurrent est le basculement, dans les dialogues, du français à l'anglais, puis à nouveau à l'allemand, mais seulement après que chacun s'est longuement exprimé dans une langue. Christoph Waltz en Colonel Landa est particulièrement brillant dans cet exercice: d'ailleurs, toute l'histoire est largement portée par son personnage et la performance de l'acteur.

Quelle que soit la saveur que chacun trouvera à ce film, il ne manquera pas de réjouir les tarantinophiles. Un blogger a déjà qualifié le film de ''version grindhouse de 'L'opération Wallkyrie''. Le fait que Tarantino obtienne carte blanche pour traiter un tel sujet - et d'ailleurs ça marche - est peut-être son plus grand mérite.

Verena Dauerer

Edité le : 06-05-09
Dernière mise à jour le : 24-05-09