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I love democracy

Après cinq émissions diffusées en 2012, "I love democracy" revient en 2013 pour s'intéresser à Cuba, à l'Iran, à la Norvège et à l'Allemagne.

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Après cinq émissions diffusées en 2012, "I love democracy" revient en 2013 pour s'intéresser à Cuba, à l'Iran, à la Norvège et à l'Allemagne.

I love democracy

09/01/12

2012, année démocratique ?

Interview de Daniel Leconte


Rencontre avec Daniel Leconte, créateur de la série documentaire en six volets "I love democracy".

‘‘En montrant comment la démocratie se cherche partout dans le monde, en montrant comment elle progresse, on veut prendre un peu le temps de réaliser le chemin parcouru et savourer la liberté des peuples.
















  • Comment est née l'idée de I love democracy ?
    En 2012, une vingtaine de pays vont changer d'équipe dirigeante. Ces élections vont donc changer le visage du monde, c’est une première raison. La seconde, c'est que depuis la chute du mur de Berlin, l'événement le plus incontestable à l'échelle mondiale a été l'expansion de la démocratie. Or, on parle de démocratie, on la critique sans réserve, mais on oublie très souvent de rappeler cette évidence que, partout sur la planète, les peuples la plébiscitent tous les jours. Nos sociétés démocratiques ont un caractère anxiogène qui pousse à broyer du noir chez nous et à regarder avec une grande indulgence des sociétés moins libres que les nôtres. En montrant comment la démocratie se cherche partout dans le monde, en montrant comment elle progresse, on veut prendre un peu le temps de réaliser le chemin parcouru et savourer la liberté des peuples.

  • Vous avez choisi de vous intéresser à six pays : la Tunisie, la Russie, la Turquie, l'Inde, les États-Unis et le Maroc. Pourquoi ceux-là ?
    La démocratie est multiple et même si certaines formes de cheminements démocratiques nous paraissent plutôt "light" comparés aux nôtres, il faut interroger les pays nouvellement engagés dans cette voie aussi bien que les "vieilles" démocraties. Ainsi, les six pays choisis incarnent des déclinaisons différentes de la démocratie : la Tunisie est comme un test à ciel ouvert sur la compatibilité entre l’islam et la démocratie ; le second mandat d'Obama pourrait être celui du déclin de l’hyperpuissance ou au contraire celui du rebond de l’Amérique ; tandis que la Russie vit le "moment Poutine", un mixte entre le vieux système communiste et la démocratie a minima. La mondialisation, c'est ce monde-là, plein de défis passionnants que cette collection entend bien illustrer.

  • Comment s'articulent les documentaires ?
    Chaque film est conçu comme un carnet de route : l'idée est de cheminer à travers le pays, de la périphérie vers le centre, c'est-à-dire la capitale, pour rencontrer les populations avant les décideurs et éviter ainsi le prêt-à-penser facile. C'est une démarche nécessaire pour se laisser surprendre, bousculer, et même pour prendre le risque de se voir contrarié dans ses convictions. C'est comme cela, je crois, que l'on peut saisir les tendances de fond. La réalité est surprenante lorsque l'on se libère des idées préconçues. Et n’est intéressante qu’à cette condition.

  • Le premier numéro est consacré à la Tunisie, dont on a beaucoup parlé. Quel regard nouveau apportez-vous ?
    Ce sont les spectateurs qui, au final, jugeront si ce regard est nouveau ou pas. Ce que je peux dire, c’est ce que mes équipes et moi-même avons vu de nouveau. En décidant de finir et non pas de commencer par Tunis, nous avons vécu des situations inédites et rencontré la Tunisie "profonde" qu’on ne voit jamais sur les écrans télé. Du coup, on peut prendre la mesure de cette incroyable révolution que représente la chute de Ben Ali pour le peuple tunisien. Les conclusions qu’on pourrait tirer vu d’ici sont moins définitives, le jugement s’affine. On peut s'étonner, par exemple, qu'aux dernières élections le parti islamiste Ennahda ait fait 42 %. Mais après trente ans de dictature, peut-on attendre d'un peuple écrasé de misère une très grande pertinence démocratique ? Est-ce que pour autant la démocratie a perdu la partie ? Pas sûr. En Tunisie, démocrates et islamistes ne sont pas antagonistes à ce point, me semble t-il, pour considérer que la partie est perdu d’avance. S’ils y arrivent, c’est une première dans le monde arabe qui pourrait tracer la voie aux autres. S’ils n’y arrivent pas, c’est le chaos. L'aventure se tente.

Propos recueillis par Thomas Vitry pour ARTE Magazine

Edité le : 16-12-11
Dernière mise à jour le : 09-01-12