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Le film du jour - 16/02/11

16.02 - "Le cheval de Turin" de Béla Tarr

Ours d'argent - Grand Prix du Jury


Il y a le cinéma contemporain, et il y a Béla Tarr, à côté, mais s’éloignant davantage chaque jour. Béla Tarr est une île, la vigie d’un cinéma d’après l’Apocalypse, un cinéma forcément seul au monde.

"Le cheval de Turin"
("A torinói ló")
Un film de Béla Tarr
Avec Miroslav Krobot, Erika Bok, Volker Spengler
France, Suisse, Hongrie, Allemagne
Compétition officielle
Autour de nous existent des gens prêts à échanger tout le cinéma contemporain contre une séquence, voire un plan de "Satantango" ou des "Harmonies Werckmeister". De loin, on les perçoit excessifs, mais au cours où vont les choses, la distance qui nous sépare s’amenuise dangereusement. Autour de nous existent aussi des gens qui pouffent, dorment ou vocifèrent face aux films de Béla Tarr, ou pire encore, qui estiment que tout cela les dépasse, et qui n’auront jamais la curiosité de fouler ce territoire. Tant pis pour ceux-là, bienvenue à tous les autres. Composé d’une trentaine de plans, épuré à l’extrême, et d’une infinie noirceur, "Le Cheval de Turin" est aussi le film le plus simple et le plus lisible de Béla Tarr. Son cinéma a pu inhiber à force d’être impressionnant, et le cinéaste lui-même aimait cultiver une certaine image d’irréductible, qui aujourd’hui s’effrite. Car c’est fini.

"Le Cheval de Turin" est le dernier film de Béla Tarr. Funestement, par dernier, il faut entendre l’ultime. « It’s done. », aime-t-il à répéter, un léger sourire aux lèvres. On aimerait y percevoir du soulagement, on craint terriblement que son regard trahisse autre chose.

Entretien, par Bertrand Loutte



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Edité le : 10-02-11
Dernière mise à jour le : 16-02-11