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Le film du jour - 15/02/11

15.02 - "The Future"

Un film de Miranda July


Quelle part donner à nos rêves ? Quelles raisons avons-nous finalement de vivre alors qu'on est trentenaires avancés, aimants, amants, mais que la vie n'est pas si bien que ça ? Quelle tête peut avoir alors notre futur quand il faut immanquablement renoncer à la prime jeunesse de l'enfance ? Avec quelques mimiques, quelques danses et quelques objets bizarrement manipulés, Miranda July montre comment on peut, si on veut, réorienter un peu son existence.

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"The Future"
Un film de Miranda July
Avec Miranda July, Hamish Linklater
U.S.A. / 2011
Sortie en salles : prochainement
Compétition officielle
En 2005, Miranda July alors artiste contemporaine réalisait son premier film "Toi, moi et tous les autres". Une histoire de tout petits êtres humains tranquilles mais un peu inquiets de ne pas trouver leur « autre » dans un Los Angeles très plat et trop grand. Six ans plus tard, les deux héros de "The Future", imaginés par Miranda July (également scénariste), se sont trouvés mais peinent à évoluer ensemble. Ils sont Sophie et Jason, ont trente huit ans, deux ordinateurs et pas d'enfants. Se sentant pris de l'obligation de devenir adultes, ils décident, dans un furtif moment de peur écartée, de tout tenter. Ils quittent leurs boulots respectifs. Elle, va créer sa chorégraphie idéale, lui, veut se laisser faire par le hasard et les rencontres.

"The future" est un film fait d'une accumulation de détails minuscules. Une sédimentation de tout petits éléments qui forme l'intimité de deux êtres. Une intimité qui révèle très rapidement deux solitudes instables et usées. Pour l'instant. Chacun d'entre eux doit se réinventer s'ils veulent avoir une chance de continuer ensemble. Miranda July décrit alors un couple qui n'a tenu que tant qu'ils n'étaient finalement que des enfants. Des enfants qui dès qu'ils sont seuls se livrent à des petits comportements absurdes tels que nous en avons tous vécus. Une danse avec un t-shirt enfilé n'importe comment, une inertie malencontreuse qu'on cache sans cesse à l'autre. Passé ce constat, cette mise en exposition de choses en apparence minuscules mais qui révèlent des aspects essentiels de la vie, July se livre à une offensive tous azimuts de son histoire et joue sur la simultanéité du temps, élément clé de ce film. N'ayant plus de temps, les deux héros plongent au même moment dans l'inconnu. Autour d'eux, July, qui a compris qu'un récit pouvait tout recéler, vraiment tout, installe le fantastique d'une mer dont on stoppe le mouvement, la poésie cruelle d'un chat qui parle, le tragique d'un t-shirt qui s'anime en se traînant. Elle constitue alors pour ses deux héros un univers entier finalement très vaste et plein des promesses du futur.

Les quatre mots de Miranda

Miranda July lutte contre l'abstraction des idées, des sentiments, des sensations qu'elle veut exprimer de façon réelle dans son film « The future ». Sa solution, son obsession, incarner tout cela par de la matière tangible. En quatre mots. (Interview réalisée par Virginie Apiou)



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Edité le : 10-02-11
Dernière mise à jour le : 15-02-11